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Lundi 13 février 2012 0:03 HNE

Politique

Mise à jour le mercredi 7 mai 2008 à 17 h 01
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400e de Québec

Polémique autour d'une visite

Nicholas Sarkozy et Michaëlle Jean

Photo: AFP/Eric Feferberg

Le tapis rouge déroulé à l'Élysée pour la gouverneure générale, Michaëlle Jean, a suscité une vive querelle de drapeaux entre souverainistes et fédéralistes.

À la veille du lancement officiel en France des cérémonies du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, Ottawa éclipse complètement le gouvernement québécois absent en territoire français.

Le premier ministre du Québec ne sera en France que la semaine prochaine, ce qui a fait bondir les souverainistes, autant à Québec qu'à Ottawa.

« Comment le premier ministre des Québécoises et des Québécois peut-il expliquer son absence au lancement en France des festivités du 400e anniversaire de Québec, capitale de la nation québécoise, seule nation francophone en Amérique? », a demandé la chef du Parti québécois, mercredi, à l'Assemblée nationale.

Jean Charest

C'est le premier ministre Jean Charest qui a répondu à la question: « Le Québec va participer directement aux fêtes et il n'y a absolument aucune contradiction entre le fait que la gouverneure générale du Canada - qui, soit dit en passant, est du Québec - soit présente en France et le fait que le Québec est une nation qui a des relations directes et privilégiées avec la France. »

De son côté, la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, ne voit pas de problème à la présence fédérale en France, puisqu'Ottawa contribue financièrement aux festivités du 400e de Québec.

« Le Canada participe au 400e aussi, il ne faut pas oublier que le Canada a injecté la même somme que le Québec, c'est-à-dire 110 millions de dollars pour les fêtes du 400e. Alors, le Canada aussi, naturellement, a un mot à dire », a-t-elle dit.

Plus tôt dans la journée, mercredi, la députée péquiste de Taschereau Agnès Maltais s'indignait. « Ça veut dire que ça va être la représentante de la reine d'Angleterre qui va ouvrir les fêtes du 400e en France. Ça aurait dû être celui qui représente le fait français en Amérique qui aurait dû être présent. Je trouve cela déplorable, inacceptable », a-t-elle indiqué.

La ministre des Communications, Christine St-Pierre, semblait, au contraire, rassurée par la présence de Mme Jean à La Rochelle. Après tout, « elle est Québécoise », a-t-elle dit.

Benoît Pelletier

De son côté, le ministre des Affaires intergouvernementales dit que tout se déroule dans l'harmonie entre Québec et le gouvernement fédéral. Il assure que le Québec joue un rôle important dans le déroulement des choses, et nie la domination d'Ottawa.

« Je ne pense pas qu'on puisse parler de contrôle. On peut parler d'intérêt du Canada, mais pas de guerre de contrôle », a-t-il dit.

Selon le ministre, il n'y a pas de guerre de visibilité, « il faut voir ça comme un travail d'équipe où chaque partenaire veut aussi s'affirmer dans le processus et puis, et en même temps, célébrer ces fêtes du 400e. Mais le gouvernement du Québec - personne n'en doute - est un facteur extrêmement important dans l'organisation des fêtes du 400e ».

Et aux Communes

La visite de Michaëlle Jean en France a également rebondi, mercredi après-midi, à la Chambre des communes, à Ottawa.

Gilles Duceppe

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a tenu à rappeller au premier ministre Harper que la fête du 400e était une fête purement québécoise, et que la monarchie qui justifie en quelque sorte la présence de la gouverneure générale du Canada en sol français était dépassée.

« Mme Jean a déclaré que la France regarde au-delà du Québec. Je crois pour ma part que la France devrait regarder au-delà de Michaëlle Jean. Elle a même surtout dit que son ambition était de faire du Canada une authentique nation. Est-ce que le premier ministre réalise que le 400e anniversaire de Québec, c'est la fête de la ville de Québec, de la nation québécoise et non pas de la nation canadienne? », a demandé M. Duceppe.

Ce à quoi le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a répondu: « Le gouvernement du Canada, du Québec et la ville de Québec travaillent main dans la main pour qu'on célèbre tous ensemble l'importance du 400e anniversaire de la ville de Québec. Le gouverneur général fait référence à l'importance de la relation entre la France et tout le Canada juste comme le Bloc reconnaît, quand il participe dans le Parlement, tout le Canada ».

Rencontre au sommet

Michaëlle Jean reçue à l'Élysée

Photo: AFP/ERIC FEFERBERG

Michaëlle Jean reçue à l'Élysée

Et pendant que le premier ministre Charest était à Québec pour répondre aux questions de l'opposition, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, accueillait en grande pompe Mme Jean, au palais de l'Élysée.

La gouverneure générale a notamment discuté avec le président Sarkozy de la situation en Afghanistan, où leurs deux pays combattent l'insurrection talibane, et de la venue du président à Québec cet automne pour le Sommet de la francophonie

Elle a aussi souligné que l'histoire francophone commune touchait non seulement le Québec, mais l'ensemble des communautés francophones du pays.

Par contre, Mme Jean n'a pas commenté la controverse entourant sa participation à La Rochelle, jeudi, au coup d'envoi des festivités du 400e anniversaire de Québec. Une quarantaine de voiliers quitteront alors La Rochelle pour naviguer vers Québec.

Ottawa a quand même voulu imposer le bilinguisme pour toutes les activités du 400e. Il a dû céder face au refus du Québec, mais le protocole d'entente que les deux gouvernements ont signé prévoit que le 400e de Québec devra représenter la diversité culturelle du Canada.