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Dimanche 12 février 2012 21:24 HNE

Politique

Mise à jour le vendredi 25 avril 2008 à 16 h 03
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Immigration

Malaise au Québec

Les affiches électorales de l'ADQ dans les circonscriptions de Bourget et Pointe-aux-Trembles, en vue des élections du 12 mai, ne sont pas passées inaperçues.

Vendredi, libéraux et péquistes ont dénoncé le parti de Mario Dumont qui lie la hausse du nombre d'immigrants au recul de la langue française à Montréal. Surtout que cette association langue-immigration survient au moment où le gouvernement autorise une hausse annuelle du seuil d'immigration de 45 000 à 55 000 nouveaux arrivants, jusqu'en 2010.

En se référant à l'étude de l'Office québécois de la langue française (OQLF) sur la situation du français à Montréal, le chef de l'ADQ a réagi aux critiques en disant qu'il était normal de questionner le seuil d'immigrants accepté.

Mario Dumont

Mario Dumont, chef de l'ADQ

« Le débat est important et fondamental. On a lu en détail une étude, et elle est appuyée sur le plan scientifique, qui a fait le portrait, et ça fait partie des conclusions. De dire qu'on n'accepte pas une hausse des seuils, que ce n'est pas débattable (sic), moi je n'accepte pas ça ».

« La récente décision du gouvernement de réaugmenter (sic) le seuil d'un autre 10 000, pour nous, c'est une erreur. On l'a dit et redit, sans mettre en place des mécanismes, des efforts d'intégration supplémentaires et ce que je vois là-dessus, c'est que le Parti québécois a pris une position très faible. Le Parti québécois n'a pas fait ses devoirs. Ces accusations sont absolument inacceptables », a déclaré Mario Dumont.

Le Parti québécois a accepté l'augmentation du seuil d'immigrants, mais comme l'explique la chef, Pauline Marois, à certaines conditions seulement.

Pauline Marois

Pauline Marois, chef du PQ

« On a augmenté de façon radicale les seuils, tout en coupant les cours de français, le support aux organismes et les supports d'intégration. (...) Nous, au PQ, nous croyons qu'il faut compter sur une immigration plus importante, nous avons soutenu la proposition du gouvernement quant au nombre d'immigrants que nous recevrons au cours des prochaines années. Nous croyons cependant que ce doit être assorti d'un certain nombre d'obligations auxquelles doit s'astreindre le gouvernement », a déclaré Mme Marois.

Sur la question de l'immigration, le PQ semble donc sur la même longueur d'onde que les libéraux, et la ministre de l'Immigration du Québec, Yolande James, n'a pas manqué de critiquer l'ADQ, qui alimente, selon elle, les préjugés envers l'immigration.

Yolande James

Yolande James, ministre de l'immigration

« On a la responsabilité, non seulement d'informer la population, d'être rassembleur, surtout quand on est au gouvernement, et j'espère que l'ADQ va être allumé sur cette question, surtout quand on est au gouvernement, lorsqu'on souhaite être au gouvernement, d'être à la hauteur des discussions. La question de l'immigration, c'est un enjeu important, et il faut laisser la partisanerie de côté », a déclaré Mme James.

L'ADQ n'est pas seule

Si les réticences envers l'immigration exprimées par l'ADQ font bondir les libéraux et les péquistes, elles semblent par contre trouver un certain écho dans la population.

Selon le quotidien Le Devoir, 51 % des Québécois estiment que le Québec a atteint sa limite d'accueil et d'intégration des immigrants, contre 41 % qui réfutent ce constat.

Immigrants

Les répondants d'allégeance adéquiste sont les plus nombreux, à hauteur de 64 %, à estimer que le seuil d'immigration est atteint, contre 52 % pour les péquistes et 48 % pour les libéraux.

Par ailleurs, la thèse avancée par l'ADQ dans sa campagne publicitaire, selon laquelle le recul du français au Québec serait dû à l'immigration, divise à parts égales les francophones. Encore une fois, les adéquistes sont les plus nombreux à voir dans l'arrivée massive d'immigrants (60 %) une menace au français, suivi par les péquistes (48 %).

Le gouvernement Charest a décidé l'automne dernier de hausser de 45 000 à 55 000 personnes le seuil annuel d'immigration. La décision a été décriée par l'ADQ, qui favorisait plutôt un gel au seuil jusqu'alors en vigueur. Le PQ s'est prononcé pour sa part en faveur de cette hausse, mais a plaidé par ailleurs pour que les mesures de francisation soient renforcées.

L'enquête Léger Marketing a été menée pour le compte du Devoir auprès de 1002 répondants, entre le 16 et le 20 avril. La marge d'erreur est de 3,4 %.