Benoît Pelletier
Le débat autour du projet de réforme de la carte électorale du Québec semble loin d'être terminé.
Les partis à l'Assemblée nationale ne parviennent pas à s'entendre sur le projet de réforme de la carte électorale, qui ferait en sorte de diminuer le poids politique des régions. Le DGE ira donc de l'avant avec ses consultations.
Le gouvernement Charest n'a pas réussi à rallier tous les partis de l'Assemblée nationale autour d'une position commune pour obliger la Commission de la représentation électorale à refaire ses devoirs et à présenter un, ou même plusieurs projets de révision de la carte.
La semaine dernière, le ministre responsable de la réforme électorale, Benoit Pelletier, avait évoqué la possibilité de modifier la Loi électorale pour éviter notamment que les régions ne perdent trop de poids à l'Assemblée nationale, ce qui serait inévitable avec la proposition sur la table. Il évoquait par exemple la possibilité de créer plus de circonscriptions.
Québec avait indiqué son intention de mener des consultations avec tous les partis afin de trouver un terrain d'entente sur la question.
Toutefois, le gouvernement s'est buté au refus sans équivoque de l'opposition officielle, qui soutient que le gouvernement veut ainsi s'ingérer dans le processus électoral.
« Le gouvernement voulait mettre les deux mains dans le processus électoral, et ça, jamais au grand jamais, on n'acceptera ça [...] On est près d'une grande dérive. On est sur le point de bafouer une tradition: vouloir que le politique joue dans la carte électorale », dit Sébastien Proulx, le leader parlementaire de l'ADQ.
Sébastien Proulx
Selon l'Action démocratique du Québec, il est préférable que ce soit le directeur général des élections qui soit en charge du processus. L'ADQ dit aussi défendre le principe selon lequel les députés ne puissent être juge et partie et influencer trop directement la préparation de la carte.
Le ministre Pelletier n'est pas d'accord, mais avoue chercher un moyen de modifier la loi. « Ce n'est pas une opération de tripotage politique, je demandais à la Commission de la représentation électorale elle-même de faire les analyses et les examens et de les appuyer sur des simulations de carte électorale qui aurait permis au gouvernement par la suite de voir s'il y aurait lieu de modifier la loi électorale », plaide-t-il.
Le Parti québécois, de son côté, déplore la position de l'ADQ, qu'il accuse d'avoir abandonné les régions. « Ça démontre que les régions, ils [ADQ] savent pas ce que c'est », dit François Gendron, leader parlementaire du PQ.
Faute de consensus, la Commission de la représentation électorale entamera dès lundi prochain une tournée de consultations, dont elle tiendra compte pour établir son projet final de carte électorale. Celui-ci devrait être connu à l'automne.
Le mois dernier, le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, a proposé une refonte majeure de la carte électorale pour refléter les nouvelles données démographiques de la province. La révision de la carte toucherait 86 des 125 circonscriptions du Québec. En outre, trois circonscriptions disparaîtraient dans les régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches, qui verraient leur nombre passer de 15 à 12. Trois nouvelles circonscriptions verraient le jour dans les régions qui ont connu une augmentation de population au cours des dernières années, soit en Montérégie, à Laval et dans les Laurentides-Lanaudière.