Gaétan Barrette, président de la FMSQ
La Fédération des médecins spécialistes du Québec s'oppose fermement à l'adoption du projet de loi fédéral reconnaissant le foetus comme une personne à part entière quand une femme enceinte est victime d'une agression.
Les médecins spécialistes du Québec s'opposent au projet de loi fédéral reconnaissant le foetus comme une personne à part entière quand une femme enceinte est victime d'une agression, et demande à Stéphane Dion de clarifier sa position.
Si le projet de loi était adopté, il créerait une nouvelle catégorie d'infraction au Code criminel, en reconnaissant le foetus comme une victime indépendante de la mère, donc une victime à part entière. Le meurtrier d'une femme enceinte serait alors accusé de double homicide. Actuellement, la femme et son foetus ne font qu'un, et il n'y a qu'un seul statut juridique.
Si l'objectif du projet est d'alourdir les sentences lors de crimes contre des femmes enceintes, il ouvre en même temps la porte à la reconnaissance des droits du foetus et, donc, au débat sur la légalité de l'avortement.
Le projet de loi privé est piloté par le député conservateur de l'Alberta, Ken Epp, et a été adopté en deuxième lecture, le 5 mars dernier, à 147 voix pour et 133 contre.
Une majorité de conservateurs a voté en faveur du projet, le Bloc québécois a voté contre, comme les néo-démocrates, mais une vingtaine de libéraux ont voté en faveur, alors que le chef du parti, Stéphane Dion, était absent de la Chambre lors du vote.
Selon le président de la Fédération des médecins spécialistes, Gaétan Barrette, l'adoption d'un tel projet de loi aurait de graves répercussions en ouvrant la porte à la criminalisation de l'avortement.
Dans une lettre transmise aux députés, il exhorte les élus à protéger les acquis et à respecter le consensus social, en leur demandant de rejeter le projet de loi.
Le chef libéral Stéphane Dion
Il demande aussi à Stéphane Dion de prendre ses responsabilités en clarifiant sa position. « M. Dion est un adepte de la clarté, voilà une bonne occasion de le prouver. [...] Ce projet de loi pourrait passer à cause de l'inaction des libéraux, pour nous ça n'a pas de sens », dit le docteur Barrette.