Les propos du ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, qui a publiquement désavoué le gouverneur de Kandahar, ont été durement critiqués par l'opposition à la Chambre des communes, y voyant une ingérence dans les affaires internes de l'Afghanistan.
Le ministre canadien des Affaires étrangères est sévèrement critiqué par l'opposition après avoir déclaré que le président afghan Hamid Karzaï devrait démettre le gouverneur de Kandahar, Asadullah Khalid.
Le chef libéral Stéphane Dion
Interrogé sur ce que le président Hamid Karzaï devrait faire pour lutter contre la corruption dans le sud du pays, Maxime Bernier a répondu qu'il y aurait peut-être lieu de remplacer le gouverneur actuel, Asadullah Khalid.
Lors de la période des questions lundi, le chef de l'opposition officielle libérale, Stéphane Dion, a rappelé qu'« il n'y a pas si longtemps, le ministre de la Défense appuyait [le chef d'état-major des Forces canadiennes] le général Hillier, en disant que le gouverneur à Kandahar faisait un travail phénoménal. Hier, le ministre des Affaires étrangères a demandé que le gouverneur soit remplacé. Aujourd'hui, le ministre des Affaires étrangères dit: "Oubliez ce que j'ai dit hier". Alors, qui doit-on croire? ».
Pour sa part, le chef du Bloc québécois a parlé d'une erreur grave. « On nous conté des histoires ici, on nous caché la vérité, tout comme le général Hillier a caché la vérité », a déclaré Gilles Duceppe. Il a aussi remis en question la compétence du ministre des Affaires étrangères.
De son côté, le chef néo-démocrate Jack Layton a indiqué que le ministre Bernier « a créé un incident international avec ses mots. C'est un exemple d'une incompétence qu'on doit considérer ».
Bernier se rétracte
Maxime Bernier en Afghanistan
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PC/James McCarten
« Le gouverneur de Kandahar doit être plus présent sur le terrain, doit exercer son autorité, et le président Karzaï doit répondre à certaines questions par rapport à l'efficacité du gouverneur », a déclaré dans un premier temps Maxime Bernier aux journalistes, dans le cadre d'une visite en Afghanistan.
« Le président doit décider de l'avenir du gouverneur. Est-ce qu'il est la bonne personne, à la bonne place, au bon moment, pour avoir le gouvernement qui soit présent avec nous sur le terrain? », s'est-il interrogé.
Peu de temps après cette déclaration, le ministre Bernier a publié un communiqué afin de clarifier sa position.
« L'Afghanistan est un État souverain qui prend ses propres décisions en matière de nominations gouvernementales. Je peux vous assurer que le Canada respecte pleinement ce fait et qu'il ne demande nullement au gouvernement afghan de faire des changements dans ce domaine », a précisé le ministre.
L'ambassadeur de l'Afghanistan à Ottawa a demandé de son côté des clarifications au gouvernement canadien.
Ce n'est pas la première fois qu'Asadullah Khalid se retrouve au centre d'une controverse. En février dernier, un rapport remis au gouvernement canadien indiquait qu'un prisonnier aurait affirmé avoir été battu par M. Khalid. Le gouverneur s'était alors défendu en précisant que le traitement des prisonniers relevait des militaires.
Une visite avec Kouchner
Les ministres Maxime Bernier et Bernard Kouchner arrivent à l'aéroport de Kandahar.
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AFP PHOTO/SHAH Marai
Dimanche, M. Bernier et son homologue français Bernard Kouchner ont conclu leur visite conjointe de deux jours en Afghanistan.
Ils ont notamment visité le détachement des forces françaises à la base aérienne de l'OTAN. Paris a déployé 160 militaires et 6 avions de chasse sur cette base pour soutenir la mission internationale.
Le ministre canadien des Affaires étrangères a remercié M. Kouchner pour l'engagement de la France à envoyer 700 soldats supplémentaires en Afghanistan. L'aide française, a-t-il dit, permettra au Canada d'accélérer l'entraînement de l'armée et de la police afghanes.
Maxime Bernier a aussi rencontré dimanche un important contingent des 2500 militaires canadiens en mission en Afghanistan. Samedi, il s'était entretenu avec le président Karzaï à Kaboul.