La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre
La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a présenté jeudi, à Québec, le plan d'action de son gouvernement en matière de promotion et de protection de la langue française.
La ministre responsable de la Charte de la langue française annonce une série de mesures, dont une hausse de 25 % du budget de l'OQLF, ce qui permettra notamment l'embauche de 20 inspecteurs supplémentaires.
La ministre a annoncé une augmentation de 25 % sur deux ans du budget de l'Office québécois de la langue française.
Cet argent sera entre autres utilisé pour engager une vingtaine d'inspecteurs de plus dont le mandat est notamment de veiller au respect de la Charte de la langue française dans les entreprises et les commerces.
La ministre n'a cependant pas l'intention de modifier la loi 101 pour y inclure une obligation de francisation dans les entreprises de moins de 50 employés. Aussi, les inspecteurs pourront s'y rendre, mais il reviendra à l'entreprise de décider si elle met en oeuvre ou non une politique de francisation.
La ministre s'engage par ailleurs à appuyer par divers moyens les entreprises qui choisiront d'aller de l'avant.
En outre, la CSN, la CSD et la FTQ recevront 250 000 $ de plus par année pour soutenir les efforts de francisation de la main-d'oeuvre dans les milieux de travail.
En ce qui a trait aux outils de travail, Christine St-Pierre annonce que Québec consacrera 2 millions de dollars par année pour franciser les technologies de l'information utilisées dans les entreprises.
Cette somme servira notamment à remplacer des logiciels anglais par des versions françaises, des claviers d'ordinateurs et d'autres interfaces linguistiques en milieu de travail. Québec entend aussi s'atteler à la francisation des sites Internet, Intranet et Extranet en entreprise.
L'ensemble des mesures annoncées par Christine St-Pierre constitue un investissement supplémentaire de 12 millions de dollars pour la protection, la valorisation et la promotion du français. Cela porterait donc à 74 millions de dollars le budget total consacré par les libéraux à la protection, la valorisation et la promotion du français au Québec, selon la ministre St-Pierre.
Un plan improvisé et sans objectifs, selon l'opposition
Mario Dumont, chef de l'Action démocratique du Québec
L'opposition en Chambre n'a quant à elle pas tardé à réagir. À l'Action démocratique du Québec, le chef Mario Dumont a reproché l'absence du premier ministre Jean Charest aux côtés de la ministre St-Pierre lors de la présentation du plan.
Le chef de l'ADQ estime qu'il est du devoir du premier ministre de s'afficher lorsqu'il est question de la langue française au Québec. En ce qui a trait au plan, Mario Dumont a reproché à la ministre St-Pierre sa vision idyllique de la situation linguistique et l'absence d'objectifs.
« Il y a des mesures qui ont une valeur certaine au niveau de la francisation au travail, mais aucune cible. On ne se fixe pas des objectifs à atteindre, ce qui me serait apparu nécessaire dans le cadre de cette politique », a réagi Mario Dumont.
Au Parti québécois, la chef Pauline Marois n'a pas hésité à railler le plan d'action attendu depuis des mois. Elle a notamment tourné en dérision le programme de remplacement des claviers d'ordinateurs et « la réembauche du personnel mis à la porte à l'Office de la langue française ».
Le critique en matière de culture, Pierre Curzi, a quant à lui accusé le gouvernement libéral d'improviser sa politique en matière de langue.
« On s'est étonnés que la ministre, avant même d'avoir reçu quelque recommandation que ce soit du Conseil supérieur de la langue française, décide de sortir un plan d'action. Ce que ça nous dit clairement, c'est qu'il n'y a pas de vision, il n'y a pas de cohérence dans les actions qui sont menées actuellement au sujet de la langue française par ce gouvernement » a expliqué M. Curzi.