Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et son ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, ont dévoilé ce matin les détails du Pacte pour l'emploi, une initiative annoncée jeudi dans le dernier budget provincial.
Québec annonce une série de mesures destinées à répondre aux besoins de main-d'oeuvre des entreprises. Les bénéficiaires de l'aide sociale sont notamment visés.
Grâce à des incitatifs financiers et à d'autres mesures, Québec souhaite ainsi diminuer de 50 000 le nombre de prestataires de l'aide sociale et offrir une formation à 250 000 personnes, et ce, d'ici trois ans.
Le premier ministre indique que l'objectif du Pacte pour l'emploi est « d'améliorer la formation de nos travailleurs et la productivité de nos entreprises, d'élargir les bassins de main-d'oeuvre et de rendre le travail plus payant ».
Le gouvernement estime que 711 000 emplois devront être pourvus d'ici 2011, qu'il s'agisse de nouveaux emplois ou de postes occupés par des personnes prenant leur retraite, et que 400 000 Québécois sont actuellement « disponibles à l'emploi » sans être sur le marché du travail.
Parmi les incitatifs financiers et les mesures contenues dans le Pacte pour l'emploi, notons:
Québec estime qu'une personne seule s'inscrivant au Pacte pour l'emploi pourrait, en décrochant un emploi au salaire minimum, faire passer son revenu annuel de 7317 $ à 17 263 $, grâce à l'allocation et de la prime qui sont offertes. Ces aides financières seront modulées en fonction du nombre d'enfants et de leur âge.
Le Québec compte actuellement quelque 183 000 prestataires de l'aide sociale jugés aptes au travail, dont environ 20 000 ont moins de 25 ans.
Améliorer la productivité
Le gouvernement annonce aussi plusieurs mesures visant à mieux former la main-d'oeuvre déjà au travail, afin de rendre les entreprises plus productives.
Québec entend ainsi favoriser le regroupement de PME au sein de mutuelles de formation et investir des sommes supplémentaires dans la formation de manière à faciliter le maintien en emploi des travailleurs par le développement des compétences.
Plus de 12 000 personnes, soutient Québec, profiteront en outre de services d'évaluation et de reconnaissance des compétences acquises en milieu de travail.
Selon le gouvernement, le Pacte pour l'emploi entraînera des investissements de 987,4 millions de dollars en trois ans, soit 548 millions en fonds publics et 439,4 millions provenant du secteur privé.
Les détails du Pacte pour l'emploi ont été dévoilés en présence de la présidente de la Fédération des chambres du commerce du Québec, Françoise Bertrand, et de la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau. Cette dernière a souligné qu'elle souscrivait à l'initiative « avec plaisir, enthousiasme et sans réserve ».