Pauline Marois au Conseil national du PQ.
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PC/Ian Barrett
Le Parti québécois (PQ) se réunit depuis vendredi soir en Conseil national à Saint-Hyacinthe, en Montérégie, au lendemain du dépôt du budget provincial. Même si le scénario d'élections au printemps semble écarté, les péquistes prépareront activement leur plateforme électorale durant la fin de semaine.
En ouverture du conseil national du Parti québécois, vendredi soir, la chef Pauline Marois, tout en multipliant les attaques contre le gouvernement Charest, a rappelé les valeurs souverainistes qui doivent animer son parti.
Pour Pauline Marois, il s'agit de son premier grand rassemblement des militants depuis qu'elle est arrivée à la direction du parti, en juin dernier.
Dans son discours d'ouverture, la chef péquiste a tenté d'allumer la flamme des 500 militants réunis, à la fois en attaquant le bilan du gouvernement libéral de Jean Charest et en mettant l'accent sur les convictions souverainistes qui doivent animer le PQ.
Mme Marois a ainsi critiqué les actions du gouvernement en matières économique, linguistique et budgétaire. Elle a accusé les libéraux, et l'opposition officielle adéquiste qui appuiera le budget, de dilapider l'héritage du déficit zéro. Surtout, elle a déploré un manque de gestes concrets du gouvernement.
« Savez-vous combien de rapports, de commissions ce gouvernement a demandés? Vingt-deux rapports et commissions. On nous promet des actions, des gestes. Avez-vous vu le début de l'ombre du commencement de quelque chose de concret? », a demandé Pauline Marois.
Les convictions, plus que la mécanique
Pauline Marois lors de son discours au conseil national du PQ
La chef du PQ a semblé vouloir éviter d'aborder les questions de mécanique référendaire, pour plutôt parler des valeurs souverainistes de son parti. Elle a promis qu'un éventuel gouvernement péquiste agirait en respectant la démocratie.
La stratégie référendaire devrait tout de même être au centre des discussions du week-end, qui risquent d'être animées. La chef du PQ veut se débarrasser de l'obligation de tenir un référendum dans un premier mandat, en proposant plutôt l'idée d'une « conversation nationale ».
Il s'agirait, advenant l'élection d'un gouvernement péquiste, d'entreprendre la rédaction d'un manifeste pour expliquer aux Québécois les raisons de la souveraineté. Viendrait ensuite une grande « conversation nationale » sur la souveraineté du Québec.
Plutôt que de tenir immédiatement un référendum, Pauline Marois propose ce qu'elle appelle la « gouvernance nationale ».
« L'idée étant de prendre le temps qu'il faut pour se remobiliser autour du projet de pays et c'est pour ça que j'ai toujours dit de mettre de côté la mécanique référendaire, mais pas de côté le pays », dit Mme Marois.
S'il n'y a plus de référendum obligatoire, le PQ devra donc retirer un article inscrit dans le premier chapitre du programme, ce qui ne peut que provoquer des débats au sein de la formation.
Le SPQ tient à l'idée de référendum
Marc Laviolette (archives)
Le SPQ libre, regroupement de gauche au sein du PQ, adhère au plan Marois, mais il veut que l'idée d'un référendum d'initiative populaire sur la souveraineté apparaisse dans le programme.
L'organisation référendaire du parti pourrait alors se mettre en marche avec le dépôt d'un registre de 500 000 signatures. Le président du SPQ libre, Marc Laviolette, croit que le moment est propice pour un tel débat, malgré la défaite électorale de l'an dernier.
« Si c'est rendu qu'au PQ, on ne peut plus parler de comment faire un référendum, on est aussi bien de retourner dans nos terres. Le but du parti, c'est de faire la souveraineté », dit-il.
Les discussions risquent d'être très vives, puisque Pauline Marois s'oppose à cette proposition. Mais une défaite de la proposition, qui est très probable, ne signifierait pas le sabordage du SPQ libre.
Il y a toutefois de bonnes chances que l'expression « conversation nationale » ne fasse plus partie du vocabulaire péquiste à la fin de la rencontre. Marc Laviolette a toujours souhaité la mise au rancart de cette « conversation nationale ». Mais cette fois-ci, il semblerait avoir l'appui de plusieurs membres de la garde rapprochée de Mme Marois. L'idée de la conversation nationale pourrait donc bien passer, mais pas nécessairement son expression.