Dion mêle les cartes

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Stéphane Dion accompagné de la sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette Stéphane Dion accompagné de la sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette.

Le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Stéphane Dion, multiplie les nuances quant à la position qu'il compte adopter lors du vote de confiance sur le prochain budget fédéral.

Après avoir laissé entendre qu'il pourrait appuyer le prochain budget, le chef libéral tient un discours à saveur électorale devant les manufacturiers et exportateurs du Québec.

Après avoir affirmé lundi qu'il serait prêt à voter pour le budget conservateur s'il n'était « pas trop nocif » pour l'économie, le chef libéral a livré mardi un discours à saveur électorale devant les manufacturiers et exportateurs du Québec, à Montréal.

M. Dion, moins hésitant et davantage confiant, a ponctué son discours de phrases triomphalistes, comme « quand je serai premier ministre » et « on va gagner la prochaine élection ».

Le chef du Parti libéral a notamment expliqué à son auditoire la politique qu'il compte mener en faveur du secteur manufacturier, dont une réforme fiscale et un renouvellement des infrastructures.

« J'en prends l'engagement, je serai un premier ministre prudent avec les finances publiques », a promis Stéphane Dion.

« Si nous réussissons à nous faire élire, et je crois que nous réussirons, je serai le 1er premier ministre de l'histoire de notre pays à avoir un doctorat, à être un universitaire. » — Stéphane Dion

Prudent et conciliant, il affirmait lundi, à Québec, qu'il s'était dit prêt à voter en faveur du budget conservateur, le 26 février prochain, rendant ainsi moins probable la tenue d'élections printanières.

La faute aux journalistes

Cela dit, Stéphane Dion a nié toute contradiction dans son discours, précisant que ce sont les journalistes qui en font des interprétations différentes.

« Moi, je veux d'abord m'assurer que le Parlement fonctionne. Si ce n'est pas possible, si on nous envoie un budget qui clairement prouve que le Parlement ne fonctionnera pas, on ne pourra pas voter pour. Sinon, on votera pour ou on s'abstiendra; il y a toutes sortes de possibilités », a expliqué le chef de l'opposition.

Pour lui, il n'y a rien de nouveau dans son discours. « Rien de nouveau. Parfois la manchette est: "Dion veut des élections", parfois la manchette est: "Dion ne veut pas d'élections". À partir des mêmes propos », a-t-il dit.

Par ailleurs, signe que la précampagne électorale bat son plein, un représentant du gouvernement conservateur, Christian Paradis, était présent à l'hôtel où M. Dion faisait son discours. Il était venu distribuer, avec son équipe, le document d'une soixantaine de pages préparé par les conservateurs et accablant les libéraux.

Devant les manufacturiers, M. Dion a fustigé le gouvernement Harper, l'accusant de véhiculer une campagne publicitaire superficielle qui déforme la réalité, selon lui.

Pour sa part, M. Paradis a reproché à M. Dion de vouloir plonger le pays dans le déficit budgétaire. Il a défendu le document conservateur, affirmant qu'il ne fait que reprendre et évaluer financièrement les promesses du chef libéral.