Le chef de l'opposition à Ottawa, Stéphane Dion, maintient le suspens et affirme qu'il pourrait appuyer le budget conservateur, qui sera déposé le 26 février. Si les libéraux devaient appuyer le budget, il y a peu de risques que des élections soient déclenchées ce printemps.
Le chef du Parti libéral du Canada déclare qu'il pourrait appuyer le budget conservateur, la semaine prochaine, s'il le juge acceptable, c'est-à-dire pas trop nocif pour l'économie canadienne.
Le chef libéral Stéphane Dion
En point de presse, lundi, à Québec, M. Dion a dit qu'il ne s'attendait pas à un budget « libéral », mais qu'il pourrait quand même l'appuyer. « Si c'est un budget qui nous apparaît acceptable ou du moins qui n'est pas trop nocif pour l'économie canadienne, on pourrait le laisser passer. Et éviter 350 millions de dépenses pour des élections. On va évaluer le budget », a-t-il dit.
Il semble bien que la décision d'appuyer ou non le budget ne sera toutefois pas prise avant son dépôt. Car si Dion n'écarte pas la possibilité de l'appuyer, il n'écarte pas non plus celle de retirer son appui. « Il faut être prêt à tout moment et choisir notre moment », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le chef libéral a déclaré qu'il n'avait pas discuté de l'opportunité de déclencher des élections avec l'ancien premier ministre Jean Chrétien.
Réaction aux attaques conservatrices
Plus tôt, le chef libéral a réagi aux attaques des conservateurs qui l'accusent de compromettre l'économie canadienne avec ses promesses.
Selon eux, la dette du Canada pourrait augmenter de 62 milliards de dollars en 4 ans si le Parti libéral du Canada est porté au pouvoir.
M. Dion réfute ces allégations et estime que son gouvernement serait tellement prudent que des surplus pourraient être engrangés.
« J'ai été à la table du cabinet, j'ai vu les décisions difficiles qu'on a dû prendre pour remettre les finances publiques en état. Je ne veux pas revivre ça. On va être extrêmement prudent et c'est cette prudence qui pourrait d'ailleurs amener des surplus inattendus. Dans les finances publiques, je crois à la loi de Guillaume Tell: ''Si vous devez rater votre cible, ratez haut'' », a déclaré Stéphane Dion en point de presse.
Attaques de Jim Prentice
Dimanche, à 10 jours du dépôt du budget conservateur par le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, le gouvernement Harper a lancé une attaque en règle contre le chef libéral, Stéphane Dion.
Le ministre de l'Industrie Jim Prentice a présenté un « livre rouge » qui traite des engagements financiers du Parti libéral du Canada depuis deux ans. Il évoque notamment le plan Dryden sur la garde d'enfants, le respect du protocole de Kyoto et la lutte contre la pauvreté.
Les conservateurs chiffrent les promesses libérales à 98 milliards de dollars en 5 ans. « L'absence de priorités de Stéphane Dion augmentera la dette du Canada de 62,5 milliards de dollars » sur quatre ans, a soutenu le ministre Prentice.
Il a cependant omis de rappeler que son propre parti a autorisé une croissance des dépenses fédérales de 23 milliards de dollars en deux ans, alors qu'en campagne électorale, en 2006, il avait promis un grand ménage.
Le porte-parole libéral en matière de finances, John McCallum, a d'ailleurs répliqué à cette attaque du ministre Prentice en soulignant que les conservateurs ont augmenté leurs dépenses de façon telle que « quand l'économie sera plus faible, ils n'auront plus rien en banque ».
Jim Prentice nie s'être lancé dans un exercice partisan préélectoral, même si l'éventuel rejet du budget pourrait forcer la tenue d'un scrutin, dans lequel l'économie promet d'être un enjeu central.