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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Politique

Mise à jour le jeudi 13 décembre 2007 à 22 h 43
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Environnement

Premier rapport, premières critiques

Harvey Mead

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Harvey Mead.

Le nouveau commissaire au développement durable, Harvey Mead, a rendu public, jeudi, son premier rapport dans lequel il a dressé un portait peu reluisant de la politique québécoise en matière d'environnement.

M. Mead a mis de sérieux bémols aux beaux discours verts du gouvernement Charest, dénonçant notamment la pollution générée par l'industrie porcine et la surconsommation des Québécois.

Il s'est étonné notamment que la Financière agricole, une institution publique, alloue 42 millions de dollars l'an dernier à 57 producteurs de porcs contrevenant aux règlements environnementaux.

« Le gouvernement, par le biais de la Financière agricole, accorde de l'aide financière à des fermiers qui vont à l'encontre des principes édictés par la loi », a regretté le commissaire.

Le lisier produit par l'industrie porcine est l'une des grandes sources de pollution au Québec.

Harvey Mead a relevé aussi le phénomène de la surconsommation dans la province. Selon lui, la situation est telle que si tous les résidents de la planète consommaient autant que les Québécois, il faudrait trois planètes comme la Terre pour satisfaire leurs besoins.

Il faudrait trois planètes Terre pour soutenir le mode de vie des Québécois si tous les êtres humains vivaient comme eux. — Harvey Mead

Selon le commissaire, qui se base sur « l'empreinte écologique », le Québec figure parmi les 10 nations « surdéveloppées » qui consomment et produisent massivement, au grand dam du concept de développement durable.

L'empreinte écologique au Québec est de 6 hectares par personne. La planète peut en offrir 1,8 par individu.

L'empreinte écologique

L'empreinte écologique d'un État est calculée à partir d'une formule complexe tenant compte de la superficie disponible pour le développement d'un territoire donné et la consommation des populations humaines qui y résident.

Harvey Mead a aussi écorché la stratégie gouvernementale en matière de développement durable, qui, d'après lui, n'a pas d'objectifs précis ni de cibles quantifiées ou de calendrier de réalisation. « Je note que de nombreux acteurs ne reconnaissent ni l'ampleur ni l'urgence de la situation », a-t-il dit.

« Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, et j'espère que le gouvernement du Québec va prendre bonne note et agir en conséquence », a déclaré pour sa part le porte-parole de Greenpeace, Éric Darier.

Québec contre-attaque

Le ministère du Développement durable a rejeté une bonne partie des conclusions du commissaire Mead, doutant de la crédibilité des données statistiques défavorables au Québec.

Le sous-ministre adjoint au développement durable, Léopold Gaudreau, a remis en question la fiabilité de l'indice de l'empreinte écologique. « Dans toute la littérature que nous avons examinée, nous n'avons pas trouvé de pays qui avait retenu cet indice pour mesurer sa performance en matière de développement durable », a-t-il indiqué.

Léopold Gaudreau a expliqué qu'il faut attendre encore quelque mois avant d'avoir un « portrait réaliste » des progrès et des reculs du Québec en matière de développement durable. Le gouvernement tiendra des consultations publiques en 2008 en vue de se doter d'un indicateur « fiable », a-t-il souligné.