À la défense du patrimoine religieux

Mario Dumont Mario Dumont

« Ce programme scolaire pour les enfants du primaire me paraît le plus gros accommodement déraisonnable dans lequel on va passer tous nos enfants pendant des années et des années si personne n'arrête le train. »

Mario Dumont exige un moratoire d'un an sur le cours « Éthique et culture religieuse » destiné aux élèves du primaire qui, de son point de vue, banalise l'héritage religieux du Québec. La ministre de l'Éducation entend cependant garder le cap.

Le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) est catégorique: les auteurs du cours « Éthique et culture religieuse » destiné aux enfants du primaire dès septembre 2008 ont commis une grave erreur qui nécessite l'adoption d'un moratoire d'un an, le temps de réajuster le tir.

Selon Mario Dumont, le cours, tel que conçu, banalise le patrimoine religieux des Québécois en accordant une importance équivalente aux différentes religions. Cette approche serait notamment évidente dans la façon de présenter les fêtes religieuses.

Or, soutient-il, refuser de donner une « claire prépondérance » aux traditions religieuses québécoises, c'est priver de racines les enfants. « C'est une espèce de peur au Québec de dire qu'on a un héritage [...] et qu'on en est fier [...] L'ouverture sur le monde, ça commence par être enraciné quelque part », estime le chef de l'opposition officielle qui ne nomme pas explicitement le catholicisme.

Mario Dumont se dit fermement convaincu qu'un tel choix ne reflète pas la volonté des parents, voire de la société dans son ensemble, et appelle donc à la tenue de consultations auprès des comités de et des conseils d'établissement des réseaux scolaires.

Tout comme son porte-parole en matière d'éducation, François Desrochers, qui a tout au plus glissé quelques mots au début de la conférence de presse, Mario Dumont tient cependant à préciser que le cours prévu pour le secondaire a l'aval de son caucus. L'ADQ est d'accord avec l'idée de présenter aux élèves du secondaire une vision du monde qui inclut plusieurs grandes religions.

Pas de moratoire en vue

Michelle Courchesne La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne

La ministre de l'Éducation n'a pas tardé à rejeter du revers de la main la demande de moratoire formulée par l'ADQ et à prendre la défense du nouveau cours.

« Je crois que, profondément, lorsqu'on connaît les choses, on se comprend mieux. Et quand on se comprend mieux, on s'accepte mieux. Et c'est là l'objectif du cours: vivre ensemble », a résumé Michelle Courchesne.

Elle maintient par ailleurs que, contrairement à ce qu'avance Mario Dumont, le catholicisme bénéficie d'une place de choix dans ce nouveau cours.