Motion réactions

Les réactions n'ont pas tardé, mardi à l'Assemblée nationale, à la suite de l'annonce du dépôt d'une motion de censure par l'Action démocratique du Québec. Le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, blâme le gouvernement pour des réponses insatisfaisantes au sujet de la pertinence des commissions scolaires.

Les libéraux et les péquistes affirment que la motion de censure déposée par l'opposition officielle adéquiste, qui pourrait en principe mettre la survie du gouvernement en jeu, témoigne d'un manque de jugement.

Texte de la motion de censureL'Assemblée nationale blâme sévèrement le gouvernement. Elle lui retire sa confiance pour sa défense des commissions scolaires, son approche bureaucratique et son incapacité à assurer aux écoles et aux enfants du Québec les services auxquels ils ont droit.

La motion sera inscrite au feuilleton de l'Assemblée mercredi, puis déposée officiellement jeudi. Suivra un débat, mardi prochain, à l'issue duquel aura lieu un vote de confiance qui pourrait, en principe, entraîner la chute du gouvernement et des élections générales.

Les libéraux surpris, mais confiants

Jean-Marc Fournier, leader parlementaire du gouvernement du Québec Jean-Marc Fournier

En point de presse, le leader parlementaire du gouvernement du Québec, Jean-Marc Fournier, a affirmé que la motion avait provoqué la surprise la plus totale chez les libéraux.

Il a ajouté que Mario Dumont manquait de jugement, utilisant les qualificatifs « amateur », « irréel » et « disproportionné » pour décrire le comportement du chef de l'opposition officielle. « Cela donne une idée de ce qu'est Mario Dumont », a lancé le ministre libéral.

Selon M. Fournier, certains membres du caucus adéquiste ne sont pas aussi catégoriques que leur chef quant à l'abolition des commissions scolaires. Il dénonce le recours des adéquistes à une telle stratégie.

« On n'est pas ici pour jouer au poker. L'Assemblée nationale, c'est sérieux. » — Jean-Marc Fournier
Benoît Pelletier, ministre des Affaires intergouvernementales du Québec Le ministre Benoît Pelletier

De son côté, le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Benoît Pelletier, a minimisé la menace représentée par la motion de censure.

« C'est normal que l'opposition officielle veuille défier le gouvernement. Mais moi, je vous fais une prédiction, c'est que le gouvernement ne sera pas défait sur une telle motion ou, à tout le moins, la confiance envers le gouvernement n'amènera pas la tenue d'élections », a déclaré M. Pelletier.

Les yeux se tournent vers le PQ

Le maintien du gouvernement libéral minoritaire sera donc entre les mains du Parti québécois. Mario Dumont a rappelé que la chef du PQ, Pauline Marois, avait déjà indiqué qu'elle était prête à provoquer des élections si nécessaire.

L'adjoint au chef de l'opposition, le député adéquiste Gilles Taillon, a ajouté qu'il s'agirait de la deuxième fois que le PQ sauve le gouvernement. Il faisait référence à la crise politique ayant entouré l'adoption du budget du Québec, en mai dernier.

François Gendron, leader parlementaire du Parti québécois François Gendron

En réaction à ces propos, le leader parlementaire du Parti québécois, François Gendron, a rappelé que la motion n'était pas encore officiellement au feuilleton de l'Assemblée nationale. « On va attendre à demain, parce que Mario Dumont a tendance à changer d'idée, a lancé le député. Je pense qu'on ne peut pas amener le peuple en élection générale sur la base du contentement ou du mécontentement à une réponse du gouvernement à une question. »

« Je ne sauve pas les libéraux. Je respecte la population du Québec. » — François Gendron

« Je trouve que cela trahit un déficit d'attention. Je trouve que ce n'est pas sérieux. Je trouve qu'on ne peut pas utiliser le Parlement comme ça. C'est complètement disproportionné. Dimanche, ce n'était pas un référendum sur les commissions scolaires qui a eu lieu », a ajouté M. Gendron.

Le leader parlementaire péquiste a promis une position claire de son parti, si l'inscription de la motion de censure au feuilleton est confirmée. « Ce n'est pas une chance de déclencher des élections qui fait sérieux », a résumé François Gendron.

la présidente du PQ, Monique Richard Monique Richard (archives)

Officiellement, le Parti québécois a indiqué qu'il prendrait d'abord le temps de lire la motion avant de se prononcer. La présidente du PQ, Monique Richard, a indiqué que le parti était prêt à toute éventualité, tout en laissant entendre qu'une élection n'était pas le premier choix.

« La fin justifie les moyens, je vous dirais. Et si jamais on va en élections, on va être prêt, puis on va s'organiser dans nos circonscriptions. C'est sûr que la question financière va se poser. Je ne vous cacherai pas qu'il y a des difficultés financières et que l'on travaille énormément sur le terrain. Mais quand il y a un rendez-vous électoral, on est capable de se relever les manches et de relever les défis », a déclaré Mme Richard.

Selon le chef de bureau de Radio-Canada à Québec, Michel C. Auger, l'ADQ pourrait vouloir, avec cette motion de censure, placer le Parti québécois dans une position où il sera forcé d'appuyer les libéraux ou de s'abstenir pour éviter des élections peu avant la période des fêtes, vraisemblablement le 17 décembre.