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PC/Tom Hansen
La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a fait la lecture du très attendu discours du Trône du gouvernement conservateur, mardi soir, devant les parlementaires réunis au Sénat.
Le gouvernement Harper annonce qu'il ne respectera pas les engagements du protocole de Kyoto et que la mission en Afghanistan pourrait s'étendre au-delà de février 2009. Il promet aussi des baisses d'impôt et une limite au pouvoir fédéral de dépenser.
Comme dans le précédent discours du Trône, les conservateurs énoncent encore une fois cinq nouvelles priorités. Il s'agit de:
En environnement, le gouvernement annonce qu'il ne respectera pas les objectifs du protocole de Kyoto sur les réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il compte toutefois lutter contre les changements climatiques grâce à sa stratégie nationale qui prévoit des réductions d'émissions de GES de 60 % à 70 % d'ici 2050. Il compte aussi sur l'instauration d'une bourse du carbone.
L'abandon des objectifs de Kyoto pourrait être particulièrement difficile à avaler pour les libéraux, qui n'ont pas encore pris position sur le discours du Trône.
Au sujet de la mission en Afghanistan, le gouvernement Harper annonce un vote sur la mission afghane à la Chambre des communes. Il laisse toutefois entendre que les troupes canadiennes pourraient rester au-delà de l'échéancier initial de février 2009. Le gouvernement estime que les forces afghanes ne pourront vraisemblablement pas prendre la relève à cette date, mais que cet objectif pourrait être atteint en 2011.
Le premier ministre veut aussi alléger le fardeau fiscal des Canadiens. Il annonce des baisses d'impôts pour les contribuables et les entreprises et une réduction d'un point de la TPS.
Limiter le pouvoir fédéral de dépenser
Stephen Harper annonce également qu'il déposera un projet de loi pour limiter le pouvoir fédéral de dépenser. Les limites s'appliqueront aux nouveaux programmes à coûts partagés dans des champs de compétence qui relèvent exclusivement des provinces. Avec ce projet de loi, toute province pourra se retirer d'un programme et être indemnisée financièrement.
Le gouvernement veut aussi aider les industries traditionnelles du Canada, entre autres les secteurs manufacturier et forestier. Il promet aussi un appui solide à la gestion de l'offre.
Pour lutter plus efficacement contre la criminalité, le gouvernement entend déposer un projet de loi qui comprendra un durcissement des conditions de mise en liberté et des peines d'emprisonnement obligatoires pour ceux qui commettent des crimes avec des armes à feu. Il inclura aussi des mesures plus sévères contre ceux qui conduisent avec des facultés affaiblies.
Devant l'opposition rencontrée lors de la dernière session avec ses projets de loi pour lutter contre la criminalité, le gouvernement entend cette fois les regrouper dans un projet de loi omnibus.
Le gouvernement veut aussi tout mettre en oeuvre pour assurer la souveraineté canadienne en Arctique. Il veut notamment le faire en instaurant une station de recherche sur l'Arctique.
La réforme du Sénat revient
Le gouvernement indique qu'il reviendra à la charge avec ses projets de loi sur la réforme du Sénat, notamment sur le processus de sélection des sénateurs et la durée de leur mandat. Les parlementaires devront se prononcer encore une fois sur ces questions.
Il affirme aussi son intention d'adopter des mesures pour obliger les électeurs à montrer leur visage pour exercer leur droit de vote.
Au sujet des autochtones qui vivent dans des réserves, le premier ministre annonce qu'il veut présenter un projet de loi pour leur accorder les mêmes droits qu'aux autres Canadiens. M. Harper indique aussi qu'il présentera ses excuses, au nom du gouvernement, aux autochtones qui ont subi des sévices lorsqu'ils résidaient dans des pensionnats.
La question maintenant sur toutes les lèvres est de savoir si le discours du Trône entraînera la chute du gouvernement Harper, en place depuis janvier 2006. Le NPD et le Bloc québécois ont déjà confirmé qu'ils allaient voter contre le discours du Trône. La survie du gouvernement minoritaire conservateur dépend donc de la décision du Parti libéral.