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Nouvelle du 9 octobre

Modification à la Charte
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Nouvelle du 9 octobre
Le premier ministre Jean Charest pourrait bien rencontrer une opposition inattendue avec son projet de modifier la Charte des droits et libertés du Québec pour soumettre la liberté religieuse à l'égalité entre les hommes et les femmes.
En effet, même si les députés de l'Assemblée nationale sont unanimes sur ce principe, l'opposition s'interroge sur le caractère précipité de l'annonce du premier ministre.
![]() Sébastien Proulx |
L'Action démocratique du Québec et le Parti québécois se questionnent en effet sur les véritables intentions de M. Charest. Certains croient que M. Charest veut surtout profiter de cette annonce à des fins politiques.
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Est-ce qu'on est prêt à travailler avec le gouvernement pour améliorer l'égalité entre les hommes et les femmes? Oui, mais pas au prix de vouloir faire tout rapidement pour rattraper de la popularité à M. Charest — Sébastien Proulx, leader parlementaire de l'ADQ
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Même son de cloche du côté du Parti québécois.
« Nous n'avons rien de plus précieux que la Charte des droits, c'est la base de notre fondement de société. Alors, il faut agir de façon responsable et pas, si on est en manque de nouvelles, utiliser cet événement-là pour créer une nouvelle autour d'un caucus », soutient Stéphane Bédard, critique du PQ en matière de justice.
Le PQ ajoute qu'il faut être surtout prudent, car la Charte québécoise s'applique non seulement aux relations de l'État avec les citoyens, mais aussi aux relations des citoyens entre eux et aux relations entre citoyens et les institutions privées. « C'est pour ça que cette recherche de trouver le bon moyen, il faut le faire de façon très attentive avec beaucoup de doigté », ajoute M. Bédard.
Les partis d'opposition exigent la tenue d'une commission parlementaire sur toute cette question avant de procéder à l'amendement de la Charte.
Le milieu juridique a des réserves
Il n'y a pas que l'opposition à l'Assemblée nationale qui a des doutes sur les motivations de Jean Charest, le milieu juridique émet lui aussi des réserves. Jean-François Gaudreault-Desbiens, professeur à faculté de droit de l'Université de Montréal, se questionne principalement sur l'utilité de modifier la Charte pour reconnaître un droit qui est déjà bien établi.
« On ajoute une disposition dans la loi qui ne changera pas grand-chose, vraisemblablement, puisque l'égalité entre les hommes et les femmes est déjà consacrée dans cette loi. Mais on se donne bonne conscience », dit-il.