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Lutte contre la drogue
![]() Stephen Harper |
Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a dévoilé les détails d'une nouvelle stratégie de lutte contre la drogue, jeudi, à Winnipeg. Il a fait cette annonce en compagnie du ministre de la Santé, Tony Clement, et du ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day.
Le plan s'était déjà vu attribuer une somme de 63,8 millions de dollars sur deux ans dans le dernier budget fédéral, mais les détails de sa mise en oeuvre n'avaient pas été dévoilés. La stratégie prend appui sur des programmes en place, qu'elle réoriente.
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Si vous tombez dans les drogues, vous pouvez avoir de l'aide. Si vous vendez ou produisez des drogues, vous irez en prison. — Le premier ministre Stephen Harper
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Dans le cadre de cette stratégie du gouvernement, deux tiers des investissements iront à la prévention, tandis que l'autre tiers ira à la répression:
Le ministre Day a annoncé qu'un projet de loi serait déposé cet automne visant à imposer des peines de prison obligatoires pour les crimes graves liés aux drogues et à leur trafic.
Un changement de culture
![]() Photo: AFP |
Le premier ministre Harper a souhaité que la lutte contre la drogue donne des résultats semblables à la lutte contre le tabac, en changeant les mentalités des gens. « Depuis trop longtemps, les gouvernements envoient des messages confus sur la drogue. Les narcotiques détruisent des vies », a-t-il déclaré, soulignant que le traitement des toxicomanes coûtait plus de 1 milliard de dollars chaque année aux Canadiens.
Sous Jean Chrétien puis Paul Martin, le gouvernement canadien avait envisagé de modifier le Code criminel afin de décriminaliser la possession de petites quantités de cannabis. Le projet n'a finalement jamais été adopté.
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En 2006, le nombre de personnes arrêtées pour possession simple de cannabis a augmenté de 20 % à 50 % par rapport à 2005 dans plusieurs villes du pays, dont Toronto, Vancouver, Ottawa et Halifax. Il a toutefois baissé à Montréal et à Calgary. |
Stephen Harper affirme qu'il n'est pas convaincu du bienfait des sites d'injection supervisée de drogues comme Insite à Vancouver. Il souhaite que les drogues ne soient pas vues comme quelque chose d'acceptable.
« Mon fils écoute mes disques des Beatles et me demande parfois quelle est la portée de toutes ces paroles. J'adore cette musique, je ne veux pas ranger ces disques. La réalité demeure qu'il y a eu une culture populaire qui n'a pas combattu l'usage des drogues. C'est comme une transition dans les valeurs culturelles. Regardez un peu ce qu'on a fait avec le tabac. On a opéré une transition vers une sorte d'intolérance envers le tabagisme », a expliqué le premier ministre.
Mais la nouvelle politique des conservateurs en inquiète plusieurs. « C'est vraiment un retour en arrière considérable. Avec les conservateurs, nous sommes en pleine répression, nous soupçonnons tout le monde », juge Marie-Andrée Bertrand, professeur de criminologie à l'Université de Montréal.