Le leader parlementaire François Gendron et la chef Pauline Marois
Les 36 députés du Parti québécois sont réunis mercredi et jeudi à Saint-Jean-sur-Richelieu pour préparer leur stratégie en vue de la rentrée parlementaire, prévue le 16 octobre.
La participation de deux anciens souverainistes influents, André Caillé et Jean Garon, au conseil général de l'ADQ en fin de semaine a suscité des commentaires acerbes des péquistes réunis à Saint-Jean-sur-Richelieu.
Il s'agit du premier caucus de la chef Pauline Marois depuis son élection dans la circonscription de Charlevoix, la semaine dernière.
Officiellement, la formation souverainiste doit discuter de quatre thèmes: la crise forestière, la vétusté des infrastructures au Québec, la protection de la langue française et les questions soulevées dans le cadre de la commission Bouchard-Taylor.
Mais c'est surtout le conseil national de l'Action démocratique du Québec (ADQ), tenu en fin de semaine dernière à Victoriaville, qui a retenu l'attention des députés péquistes.
Présents à ce conseil adéquiste, l'ancien PDG d'Hydro-Québec, André Caillé, et l'ancien ministre péquiste Jean Garon ont tous deux accordé leur appui à Mario Dumont. M. Caillé a louangé la vision autonomiste de l'ADQ, tandis que M. Garon a comparé M. Dumont à René Lévesque.
Ces propos ont fait bondir la députée péquiste Louise Harel. « Vous voyez bien qu'ils ne sont suivis par personne qui, depuis ces déclarations, en auraient ajouté d'autres. Il y a un mot en anglais qui exprime bien cela, c'est has been [dépassé] », a-t-elle lancé, lapidaire. Mme Harel s'est par la suite excusée pour ses propos.
Le chef adéquiste Mario Dumont a toutefois saisi la balle au bond, critiquant le fait que la porte-parole du PQ dans le dossier des aînés ait tenu des propos assimilables à de l'âgisme. Mme Harel a répliqué que sa déclaration n'avait rien à voir avec l'âge, mais plutôt « avec l'attitude de gérant d'estrade alors qu'on n'est pas sur la glace pour patiner ».
Un autre poids lourd du parti, le député François Legault, s'était montré moins tranchant dans ses commentaires. « Je comprends qu'il y a des gens qui souhaitent peut-être faire de grands changements au Québec et pour quoi peut-être ça passe avant la souveraineté. C'est la seule façon dont je peux expliquer la présence de Jean Garon et d'André Caillé. »
Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, a affirmé quant à lui qu'il aurait préféré que MM. Caillé et Garon demeurent dans le camp péquiste, sans toutefois s'offusquer de leurs nouvelles affinités avec l'ADQ.
Les absents: Diane Lemieux et André Boisclair
La rencontre se déroule en l'absence de Diane Lemieux, qui a annoncé son départ après avoir été démise de ses fonctions de leader parlementaire, et de l'ex-chef André Boisclair, qui a démissionné dans la foulée de la débâcle électorale du 26 mars dernier.
M. Boisclair n'a toujours pas fait savoir s'il entend siéger à titre de député de Pointe-aux-Trembles lors de la reprise des travaux à l'Assemblée nationale. L'ex-députée de la circonscription, Nicole Léger, a admis au quotidien La Presse qu'elle réfléchirait à un retour si M. Boisclair quittait son poste.