Gilles Duceppe
Les réactions aux propos du premier ministre Stephen Harper sur la mission canadienne en Afghanistan ne se sont pas fait attendre. M. Harper avait annoncé ne pas avoir l'intention de tenir un vote précipité sur la poursuite de la mission, à moins d'obtenir un consensus des partis d'opposition au Parlement sur le rôle du Canada dans ce pays après février 2009.
Gilles Duceppe, Stéphane Dion et Jack Layton réagissent aux propos de Stephen Harper, qui dit ne pas avoir l'intention de tenir un vote rapide sur la poursuite de la mission militaire.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, considère que le discours du Trône, qui sera prononcé par Stephen Harper le 16 octobre prochain, constituera en lui-même un vote sur la question afghane. « Si, dans le discours du Trône, ce n'est pas inscrit que la mission canadienne en Afghanistan va se terminer en février 2009, nous allons voter contre. Cela va constituer un vote, que Harper aime ça ou non », a expliqué M. Duceppe
Gilles Duceppe considère que le Canada a fait sa part en Afghanistan, rappelant que la mission canadienne devait au départ se terminer en février 2007, mais a été prolongée jusqu'en février 2009. « Il y a d'autres pays de l'OTAN qui doivent prendre la relève », a-t-il déclaré au Réseau de l'information.
Pour un retrait immédiat
Jack Layton
Les déclarations de Stephen Harper n'étonnent pas le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton. Selon lui, M. Harper est « un peu arrogant et ne respecte pas les décisions de la majorité des gens ordinaires », a-t-il dit.
Le NPD continue de réclamer un retrait immédiat des troupes canadiennes d'Afghanistan, une position partagée par la majorité des Canadiens, selon M. Layton.
Tout comme Gilles Duceppe, Jack Layton exige que le discours du Trône aborde le retrait des troupes canadiennes en Afghanistan, mais un retrait immédiat, et non en 2009. « Le discours du Trône va être une occasion en or de livrer un message à M. Harper », a soutenu M. Harper.
Manque de transparence
Stéphane Dion
De son côté, le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, accuse le premier ministre de changer continuellement d'avis. Selon lui, c'est « parce qu'il cherche un moyen de nous maintenir dans la mission de combat à Kandahar bien au-delà de février 2009. Il le fait sans transparence, et ça, c'est très dommageable, non seulement pour nos troupes, mais aussi pour le peuple afghan, pour notre rôle par rapport à nos alliés de l'OTAN et par rapport au gouvernement afghan. »
Plus tôt, le député Denis Coderre, porte-parole du PLC en matière de défense, avait réclamé un vote rapide à la Chambre des communes. Il considère que le gouvernement Harper « ment comme il respire » et sème la confusion. « La semaine dernière, Peter McKay [ministre de la Défense] disait qu'il y aurait un vote cet automne et a dit que le Parti [conservateur] se pencherait sur cette question », a déclaré M. Coderre.
Quant au désir de M. Harper de vouloir un consensus chez les partis d'opposition, M. Coderre estime que le premier ministre du Canada doit assumer ses responsabilités. « Il est le chef du gouvernement et il doit prendre son propre leadership. On [les partis d'opposition] a donné notre position sur la question. On met fin à la mission de combat en 2009 et on va continuer notre travail sur la scène humanitaire, au plan de la sécurité, de la formation et de la politique ».