Une prison exclusive

Jacques Dupuis, ministre québécois de la Sécurité publique et procureur général Jacques Dupuis (archives)

Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a annoncé mercredi que le gouvernement du Québec planifie l'ouverture d'un centre de détention qui serait exclusivement dédié aux agresseurs sexuels, afin de réduire leurs risques de récidive.

Le gouvernement de Jean Charest a l'intention d'ouvrir un centre de détention spécialisé pour les agresseurs sexuels. Québec en fera l'annonce officielle à l'automne.

Jacques Dupuis, qui travaille sur ce projet avec son collègue de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, souhaite présenter officiellement son initiative à l'automne.

L'objectif de Québec est de créer un centre de détention doté de ressources professionnelles pour faciliter la réhabilitation des agresseurs et des pédophiles. Le ministre n'a cependant pas précisé si le gouvernement envisage la construction d'un nouveau centre ou s'il entend transformer une prison existante.

Le ministre a aussi indiqué que des amendements législatifs seront présentés à l'automne afin de mieux contrôler les prédateurs sexuels et les pédophiles.

Il affirme que son gouvernement prépare un plan d'action depuis plusieurs mois sur le sujet. Jacques Dupuis se défend cependant de faire cette annonce au moment ou l'Action démocratique du Québec prépare la tenue d'une consultation publique sur la question.

Le ministre Jacques Dupuis a d'ailleurs qualifié « d'inutile » le projet de l'ADQ, accusant son chef, Mario Dumont, de chercher à se faire du capital politique sur le dos de familles qui ont vécu des drames.

Mario Dumont Mario Dumont s'adressant aux médias

Ce que réfute Mario Dumont, qui affirme « qu'il faut une sensibilité, une compassion dans ce dossier ». « Le débat doit porter sur la protection du public. Il y a eu laxisme du gouvernement », a mentionné le chef de l'ADQ à la sortie de la rencontre de son caucus, à Orford.

Quand on lui a demandé si la solution pourrait aller jusqu'à la castration chimique des délinquants, Mario Dumont a été prudent, même si certains de ses députés n'excluent pas cette solution.

« Le débat ne doit pas porter sur les méthodes thérapeutiques, mais sur les précautions politiques qu'il faut prendre », a précisé Mario Dumont.

Les détails de la consultation publique de l'ADQ ont été présentés mercredi matin par la députée de l'ADQ dans Lotbinière, Sylvie Roy. Cette dernière a indiqué que la consultation permettra au parti d'entendre les groupes et les intervenants dans le secteur de la criminalité sexuelle infantile, les policiers et les citoyens.