Au deuxième et dernier jour du Sommet Katimajiit, qui se tenait à Kuujjuaq dans le Grand Nord, le gouvernement du Québec a multiplié les annonces pour tenter d'aider à améliorer les conditions de vie des Inuits.
En deux jours, le gouvernement Charest annonce des investissements de 170 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour améliorer les conditions de vie des Inuits. Le peu d'engagement du fédéral déçoit plusieurs organisateurs inuits.
Tout d'abord, Québec a annoncé qu'il allait investir 36 millions de dollars pour combattre les nombreux problèmes sociaux qui affligent les 14 communautés du Nunavik. Ces fonds permettront notamment de développer des services de première ligne, un problème criant révélé dans un rapport de la Commission des droits de la personne en juin dernier.
En ce qui concerne la surpopulation dans les logements, un autre problème majeur au Nunavik, Québec accorde une enveloppe supplémentaire de 25 millions. Cette somme permettra de construire 50 nouvelles maisons, ce qui est cependant loin du nombre souhaité par les Inuits. Les responsables régionaux estiment en effet qu'il faudrait 750 résidences supplémentaires pour répondre à leurs besoins.
Québec a aussi confirmé son engagement pour nettoyer les sites du Nunavik où s'entassent des déchets de l'industrie minière depuis une trentaine d'années et qui polluent la région. Québec va investir 4 millions de dollars dans le fonds destiné à ce grand nettoyage.
Faire avancer les choses
En deux jours, le gouvernement Charest s'est engagé à verser 170 millions de dollars au Nunavik au cours des cinq prochaines années pour améliorer les conditions de vie des Inuits.
Le montant est cinq fois plus élevé que celui annoncé par Ottawa au cours du sommet. Vendredi, le gouvernement Harper a annoncé une enveloppe de 21 millions de dollars pour développer un réseau de télécommunication à large bande qui servira notamment à la télémédecine.
Lawrence Cannon
Certains intervenants inuits ont été déçus de la minceur de l'enveloppe fédérale. Le ministre des Collectivités, Lawrence Cannon, s'est défendu de s'être présenté au sommet les mains vides. « Ce n'est pas une course pour savoir qui a mis plus d'argent. [...] Chaque projet ne doit pas être mesuré en fonction du montant d'argent qui a été investis », a-t-il dit.
Même si le peu d'investissements de la part du fédéral en a déçu plusieurs, les responsables inuits estiment que le sommet a été une réussite et a permis de faire avancer les choses sur certains des plus graves problèmes qui affligent les communautés du Nunavik.
Les Inuits s'accordent aussi pour dire que malgré toute la bonne volonté des gouvernements, ils devront aussi faire leur part, notamment en s'occupant mieux des enfants de la région.