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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Politique

Mise à jour le mercredi 22 août 2007 à 14 h 16
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Bloc québécois

Vaste programme automnal

Gilles Duceppe, entouré des candidats aux partielles.

Gilles Duceppe, entouré des candidats aux partielles.

Les députés du Bloc québécois sont réunis à Saint-Hyacinthe dans le cadre d'un caucus présessionnel destiné à préparer la rentrée parlementaire et mettre au point une stratégie électorale.

Trois élections partielles auront lieu le 17 septembre dans Outremont, Roberval et Saint-Hyacinthe-Bagot, les deux dernières circonscriptions ayant été remportées par des bloquistes en janvier 2006.

En tournée au Québec depuis près de deux semaines, le chef bloquiste a expliqué qu'il comptait toujours talonner le gouvernement Harper au sujet de la mission en Afghanistan, de l'environnement et du déséquilibre fiscal.

Il a refusé de se prononcer sur l'intention que les analystes politiques prêtent au gouvernement Harper de proroger la session actuelle et de prononcer un discours du Trône en octobre. Ce discours devrait être soumis à un vote de confiance.

Plaidoyer pour Kyoto

Au sujet du protocole de Kyoto, M. Duceppe a dit ne pas avoir lu le « nouveau » plan de réduction des gaz à effet de serre présenté mercredi matin par le gouvernement Harper. Il a néanmoins lancé une mise en garde à ce sujet.

« Respecter Kyoto, ça veut dire avoir des cibles absolues de réduction de gaz à effet de serre. Ça veut dire également une bourse du carbone », dit-il, en expliquant que l'industrie manufacturière québécoise devrait pouvoir profiter des investissements faits au cours des dernières années.

« Je pense aux alumineries et aux pâtes et papiers. Si on prenait 1990 comme année de référence, on pourrait émettre des crédits d'émission de gaz à effet de serre et ce sont les pétrolières qui devraient payer. Les conservateurs sont pour le libre marché. Est-ce qu'il n'y a pas plus libre marché que la bourse? »

Déçu par le sommet de Montebello

Au sujet du sommet de Montebello, M. Duceppe s'est dit déçu et a réitéré qu'une plus grande transparence dans les travaux serait de rigueur. « Je pense que c'est nécessaire de tels sommets. [...] Que les gens d'affaires soient présents, je pense que c'est normal aussi. Mais ce qui est anormal, c'est qu'il n'y ait que les gens d'affaires. Quand on parle de commerce international, ça touche les consommateurs aussi, ça touche les travailleurs. Ils devraient avoir des représentants », estime-t-il.

Interrogé sur la mission canadienne en Afghanistan, le chef bloquiste a dit ne pas avoir changé d'idée depuis qu'il a détaillé sa position en janvier dernier. La mission, dit-il, doit trouver un nouvel équilibre entre intervention humanitaire et militaire et promotion de la démocratie. M. Duceppe répète qu'il souhaite que la mission se termine en février 2009.

Une nation, mais encore

M. Duceppe veut également mettre de la pression sur le gouvernement Harper afin que sa motion reconnaissant la nation québécoise au sein du Canada ne demeure pas lettre morte. « Quand on parle d'ambassadeur des autres pays, société distincte ne voulait rien dire; nation, ça veut dire quelque chose », a-t-il reconnu. « Maintenant, ils doivent concrétiser ce que ça veut dire ».

« Par exemple à l'UNESCO, le Québec a le droit de parler s'il est d'accord avec Ottawa. Si on n'est pas d'accord avec Ottawa, on n'a pas le droit de parler. C'est sûr que le Québec est debout: on n'a pas de chaise! » s'est-il moqué. M. Duceppe souhaiterait plutôt que le Canada privilégie l'approche de la Belgique, qui s'abstient de voter lorsque les nations flamandes et wallonnes ne s'entendent pas.

Marois regrette le départ de Lemieux

En matinée, la chef du Parti québécois est venue s'adresser aux députés bloquistes. Les deux formations souverainistes veulent arrimer leurs stratégies.

Pauline Marois a profité de l'occasion pour commenter publiquement pour la première fois l'annonce de la démission de la députée de Bourget, Diane Lemieux, mécontente de perdre ses fonctions de leader parlementaire. La chef péquiste a dit regretter ce départ et a insisté sur le fait que cette démission n'avait pas été provoquée par des différends idéologiques.

Mme Marois a par ailleurs dit qu'elle rencontrera André Boisclair au cours des prochains jours pour parler de son avenir politique. M. Boisclair a démissionné de son poste de chef ce printemps, mais est demeuré député.


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