Jean Charest juge Dumont mauvais joueur

Pauline Marois Pauline Marois

Il semble bien que le voeu de Pauline Marois sera exaucé. Le premier ministre Jean Charest a confirmé, mercredi matin, qu'il déclenchera des élections complémentaires dans Charlevoix le plus tôt possible.

Le premier ministre critique le chef adéquiste pour son intention d'opposer un candidat à la chef péquiste lors de l'élection complémentaire dans Charlevoix qui sera déclenchée bientôt.

Il a précisé qu'il voulait accueillir Pauline Marois à l'Assemblée nationale dès le début de la session, prévue pour le 15 octobre.

De passage à Saguenay, Jean Charest a profité de l'occasion pour malmener Mario Dumont qui veut présenter un candidat de l'ADQ contre la chef péquiste, tandis que les libéraux ont plutôt pris la décision de ne pas présenter de candidat.

Jean Charest

Le premier ministre a accusé Mario Dumont de « manquer de maturité » en voulant bloquer la voie à Pauline Marois.

Selon M. Charest, il est dans l'intérêt de tous les Québécois que la chef péquiste puisse siéger à l'Assemblée nationale le plus rapidement possible.

« Je regrette infiniment que M. Dumont et l'ADQ ne soient pas de cet avis. Il manque de maturité. C'est une occasion ratée de la part de M. Dumont, un manque de jugement » — Jean Charest

Faciliter l'élection d'un chef de parti à l'occasion d'une élection complémentaire fait en quelque sorte partie des habitudes politiques au Québec, mais n'a jamais été une règle.

Par exemple, l'été dernier, le PLQ et l'ADQ n'avaient présenté aucun candidat contre le chef péquiste d'alors, André Boisclair, dans la circonscription montréalaise de Pointe-aux-Trembles, afin de faciliter son élection. M. Boisclair avait remporté l'élection par une forte majorité.

Par contre, en juin 1985, le PQ au pouvoir avait décidé de présenter un candidat contre le chef libéral Robert Bourassa lors d'une complémentaire dans la circonscription de Bertand, sur la rive-sud de Montréal. M. Bourassa avait tout de même été élu.

En plus du candidat adéquiste, Pauline Marois devra aussi affronter un candidat vert. Le chef du parti, Scott McKay estime qu'il est du devoir de sa formation d'offrir à l'électorat de Charlevoix « la chance d'exprimer ses préoccupations environnementales ».

Il applaudit aussi la décision des libéraux de ne pas présenter de candidat et encourage l'ADQ à faire de même, jugeant qu'il est essentiel que tous les chefs de parti soient présents à l'Assemblée nationale.

Aux élections de mars dernier, l'ADQ est arrivée deuxième dans Charlevoix, remporté par le député péquiste Rosaire Bertrand qui a officiellement cédé sa place à Pauline Marois, mardi.