Des soldats russes en Tchétchénie
Au moment de quitter le pouvoir, Boris Eltsine laisse derrière lui une Russie en guerre qui tarde à se relever d'une douloureuse transition vers l'économie de marché et le libéralisme économique. Le pays est paralysé par les multiples grèves dues au non-paiement des salaires et des retraites. Le Fonds monétaire international (FMI) retarde le versement de crédits de dix milliards de dollars américains alloués à la Russie parce que ses rentrées fiscales sont trop faibles. Le rouble est en pleine dégringolade. La situation continue de se dégrader en Tchétchénie.
Le nouveau président doit donc traiter en priorité un certain nombre de dossiers capitaux pour l'avenir du pays, notamment le règlement du conflit tchétchène, la lutte contre la corruption et contre les mafias, la gestion de la crise financière et la renégociation de la dette extérieure du pays.
Le kiosque de l'épave du Koursk renflouée par la marine russe.
Le sous-marin nucléaire Koursk a coulé en mer de Barents, le 12 août 2000, et est resté sur le fond à 108 mètres de profondeur, causant la mort de 118 marins, dont certains auraient agonisé pendant plusieurs jours. L'échec des tentatives de sauvetage des marins et les tentatives de dissimulation de l'information de la part des autorités ont soulevé la colère de l'opinion publique. Une commission d'enquête a été ouverte dans cette affaire. Au-delà du drame humain, ce naufrage est le symbole de la fin de la puissance militaire de la Russie.
Les corps des marins seront remontés
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2001
C'est vraiment avec Vladimir Poutine que vont disparaître les derniers vestiges de la guerre froide et que se confirme le rapprochement amorcé avec les puissances occidentales, non sans certains heurts.
La Douma ratifie le traité sur l'interdiction des essais nucléaires
Site des nouvelles de Radio-Canada, avril 2000
Les Russes ratifient le traité Start II
Site des nouvelles de Radio-Canada, avril 2000
Poutine courtise Londres
Site des nouvelles de Radio-Canada, avril 2000
Malgré les divergences sur la question du bouclier antimissile et certaines tensions qui accompagnent le début de la présidence de Vladimir Poutine, l'heure est bientôt au réchauffement. Il faut dire que la Russie, affaiblie militairement autant qu'économiquement, n'est plus l'ours menaçant de jadis. Elle est désormais une force avec laquelle il faut compter, certes, mais qui a aussi besoin d'alliés.
Première visite de Poutine en Grande-Bretagne
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000
Le sommet russo-américain débouche sur deux accords militaires
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000
Rencontre sur la défense nucléaire à Moscou
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000
Au sein du nouveau conseil, la Russie est désormais un partenaire égal aux autres (bien qu'elle ne soit pas membre de l'OTAN à part entière), un partenaire qui aura son mot à dire en matière de lutte contre le terrorisme, de désarmement, de gestion de crises et de coopération militaire.
Il s'agit d'un événement très significatif pour cet organisme, créé peu après la Deuxième Guerre mondiale dans le but de contrer la menace communiste. Alors que l'ancien ennemi devient un partenaire, les membres de l'Alliance atlantique entendent maintenant lutter ensemble contre le terrorisme.
Ce rapprochement s'est largement intensifié depuis les attentats du 11 septembre 2001. Le président Poutine, se plaçant délibérément dans le camp des forces « du bien », prône un rajeunissement des systèmes de sécurité, estimant que ceux qui existent actuellement sont désuets et qu'ils ont ouvert la porte aux attentats terroristes.
Collaboration accrue avec les États-Unis, donc, où l'on verra Poutine deviser aimablement avec Bush, mais aussi avec les grands de l'Europe, car cette dernière est pour Poutine le partenaire de choix, où l'on espère trouver investisseurs et débouchés tout en gardant une saine indépendance.
Dans l'optique du 11 septembre 2001 et de ses retombées, Vladimir Poutine a beau jeu d'abattre ouvertement ses cartes dans le conflit tchétchène. Il amalgame les velléités d'indépendance de la région aux intentions terroristes d'un ben Laden. Poutine compte ainsi poursuivre une répression sans merci, au nom du bien. Il a maintenant lui-même son « axe du mal », reprenant la terminologie de son homologue américain.
Poutine rejette toute négociation avec les rebelles tchétchènes
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2002
Printemps sanglant en Tchétchénie
Site des nouvelles de Radio-Canada, mars 2000
Vladimir Poutine refuse de rencontrer Mary Robinson
Le Kremlin est irrité par les rapports divulgués sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis en Tchétchénie, avril 2000
Poutine exclut toute indépendance de la Tchétchénie
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000
Nouvelle offensive des forces russes en Tchétchénie
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000
Le conflit s'enlise donc, mais les Tchétchènes veulent rappeler au monde que l'horreur continue et qu'elle les concerne. En octobre 2002, les forces gouvernementales russes prennent d'assaut un théâtre moscovite où un commando tchétchène retient en otages depuis 60 heures quelque 800 personnes. L'opération se solde par la mort de 118 otages, dont l'imense majorité a péri après avoir inhalé le gaz utilisé par les forces spéciales russes, et par le décès de 41 membres du commando, dont le chef, Movsar Baraïev.
D'ailleurs, la nature du gaz utilisé portera à d'intenses spéculations. Bien qu'à l'étranger la méthode d'intervention choisie ait été fortement critiquée, en Russie, la population a plutôt appuyé le choix du président dans ce dossier et sa popularité s'en est trouvée renforcée.
En résumé, dans ce nouvel ordre mondial en mouvance, la Russie de Poutine cherche sa place, entre démocratie et régime autoritaire. Le conflit qui menace d'éclater entre les puissances occidentales et l'Irak sera un test important de la nature et de la solidité des relations entre Poutine et les leaders des nations occidentales.