À la fin de septembre, le Parti vert rend public son plan vert, le PV², une réplique anticipée au propre plan du gouvernement conservateur qui sera présenté plus tard cet automne. Le PV², qui s'inspire de la plate-forme électorale élaborée sous l'ancien chef Jim Harris, est la première contribution officielle d'Elizabeth May à la direction intellectuelle du parti.
En sept points, il fait la part belle aux mesures propres à atteindre les objectifs de la première phase du protocole de Kyoto, soit une réduction de 6 % des GES par rapport au niveau de 1990 d'ici 2008 à 2012. Le parti écologiste propose notamment de réglementer pour améliorer les économies de carburant des véhicules, d'élargir les programmes liés à l'énergie renouvelable et d'améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments résidentiels et commerciaux.
Il appelle en outre à l'abolition des subventions dont bénéficie l'industrie des sables bitumineux et à un moratoire sur l'expansion de leur exploitation, tant que le coût environnemental n'aura pas été établi.
Mais ce qui avait attiré l'attention des médias sous Jim Harris demeure au coeur de leur stratégie de réduction des GES : le virage fiscal écologique.
« Le parti vert réduira les impôts dans des secteurs tels que les salaires, les profits et le revenu, tout en instaurant un système de taxation progressif qui imposerait la taxe sur les émissions carboniques la plus élevée sur les combustibles avec les plus hauts taux d'émissions de GES - le charbon - en diminuant progressivement jusqu'aux combustibles avec les taux les plus bas - le gaz naturel », annonce le PV².
Tant les industries que les consommateurs seront exposés à ces taxes sur les combustibles fossiles, ce qui, soutient le parti, les obligera à modifier leurs façons de produire et de consommer.
Elizabeth May est convaincue que les propositions du parti saurons lui valoir des sièges aux Communes lors de la prochaine élection. Elle appelle entre temps les autres formations politiques à piger allégrement dans le programme du parti, pour le mieux-être des Canadiens.
Lors d'une élection complémentaire dans la circonscription ontarienne de London-Centre-Nord le 27 novembre dernier, la nouvelle dirigeante du Parti vert réussit l'exploit non négligeable de terminer en deuxième position. Elle récolte alors près de 26 % des voix, contre 35 % pour le libéral Glen Pearson.
Conversation entre la candidate à la direction du Parti vert Elisabeth May et son ami, l'ex-président des États-Unis Bill Clinton, août 2006, (réseau CTV).
Elle a dit :
« J'espère que tu ne crois pas que je me sers de notre amitié pour aider ma carrière politique ? »
Il a dit :
« Je n'aurais jamais pensé une telle chose, mais je t'invite à le faire »