Après un court séjour dans un cabinet d'avocats à Halifax au sortir de l'université, Elizabeth May prend le chemin de la capitale fédérale à l'automne 1985 pour travailler au Centre pour la défense de l'intérêt public. Elle y joue le rôle de conseillère juridique auprès de groupes de défense de consommateurs, de mouvements anti-pauvreté et d'environnementalistes.
Une offre inattendue la conduit à quitter rapidement ces fonctions pour pénétrer dans les coulisses du pouvoir. Coprésidente de la Conférence sur le destin de la Terre qui aura lieu à Ottawa en juin 1986, elle est remarquée par le ministre fédéral de l'Environnement Tom McMillan et, à son invitation, se joint à son équipe. Jusqu'à son départ fracassant deux ans plus tard, elle y joue le rôle de principale conseillère en environnement, contribuant à la création de plusieurs parcs nationaux et à l'élaboration de lois et de mesures antipollution.
Brian Mulroney et Lucien Bouchard
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PC/Archives
Dans le numéro mars-avril 2005 de la revue canadienne Options politiques, Elizabeth May revient avec bonheur sur ces deux années au ministère de l'Environnement pour vanter le leadership exercé non seulement par son ministre, mais aussi par le premier ministre Brian Mulroney, tant au chapitre de la lutte aux pluies acides que de la protection de la couche d'ozone.
Cette période aura d'ailleurs donné naissance au protocole de Montréal, le premier accord international sur la réduction et le bannissement des substances chimiques nocives pour la couche d'ozone, qui servira de modèle au protocole de Kyoto.
Près de 20 ans plus tard, le 20 avril 2006, Elizabeth May marque les esprits en déclarant, lors d'un dîner organisé en l'honneur de l'ancien premier ministre conservateur à Ottawa, que ce dernier avait un bilan environnemental qui devrait faire rougir tous ses successeurs.
Elle n'en disait pas moins dans les pages d'Options politiques, allant même jusqu'à ajouter que Lucien Bouchard, successeur de McMillan à l'Environnement, « s'imposera comme le meilleur ministre de l'Environnement de notre histoire. »
Elizabeth May démissionne en juin 1988, outrée par une entente conclue entre le ministre McMillan et la Saskatchewan à qui il octroie illégalement des permis de construction de barrages, en échange du parachèvement du parc national des Prairies et de la traduction en français de ses lois.