Un marché régional envisagé

Robert Ghiz, James Douglas et Jean Charest   © PC/Andrew Vaughan

Les premiers ministres de l'est du Canada et les gouverneurs des États de la Nouvelle-Angleterre vont évaluer la possibilité de mettre en place une bourse régionale du carbone.

Les premiers ministres de l'est du Canada et les gouverneurs des États de la Nouvelle-Angleterre acceptent d'étudier l'idée de Jean Charest de créer un système régional d'échange des émissions de gaz à effet de serre.

Une motion a été adoptée en ce sens, mardi matin, à Roseneath, dans l'est de l'Île-du-Prince-Édouard, où se déroulait la 31e conférence des premiers ministres et des gouverneurs américains.

C'est le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui a défendu l'idée de mettre sur pied une bourse régionale du carbone, qui opérerait à Montréal.

Selon lui, l'idéal serait d'instaurer un système continental d'échange des émissions de gaz à effet de serre, mais il estime que les pourparlers à ce sujet avec Ottawa ne progressent pas assez vite.

Cependant, l'idée de M. Charest ne semble pas faire l'unanimité. Les premiers ministres du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard, Shawn Graham et Rodney MacDonald, préféreraient qu'Ottawa s'implique afin de créer un système d'échange national. Les deux provinces, qui qualifient l'initiative de Jean Charest de « bonne », disent toutefois être prêts à poursuivre les discussions.

Pour M. Charest, les provinces et les États américains disposent de leurs propres pouvoirs pour s'attaquer à la menace grandissante posée par les changements climatiques.

Les États de la Nouvelle-Angleterre ont déjà convenu de créer un tel marché régional qui devra être en vigueur à compter de 2009.

Il a aussi été question d'énergie renouvelable lors des discussions. Les États de la Nouvelle-Angleterre ont souligné qu'ils auront besoin de près de 4500 mégawatts supplémentaires d'ici 2020. Les gouverneurs ont laissé entendre qu'ils souhaiteraient suppléer leur manque par de l'énergie propre, comme l'hydroélectricité, que le Québec pourrait leur fournir. Cette idée plaît au premier ministre Charest, qui a précisé que le Québec exigera cependant des contrats à long terme.

La rencontre réunissait les représentants du Québec, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve. Les six États de la Nouvelle-Angleterre représentés sont le Maine, le New Hampshire, le Vermont, le Massachusetts, le Rhode Island et le Connecticut.

La bourse du carboneIl s'agit d'un système d'échange de « permis de polluer ». Des limites d'émissions de gaz carbonique sont imposées aux entreprises. Si une entreprise produit moins que sa limite, elle peut vendre la différence - un permis de polluer - à une entreprise qui dépasse sa limite. Ces émissions de gaz à effet de serre ont un prix, qui varie selon l'offre et la demande, comme à la bourse. Chaque année, les limites d'émission seront réduites, ce qui fait en sorte que les prix des permis d'émissions augmenteront. Les entreprises auront donc des incitatifs financiers importants pour limiter leurs émissions de gaz et vendre des permis de polluer aux autres.