Le premier ministre travailliste le plus populaire de ces dernières années laisse un bilan nuancé. Porté en triomphe lors de sa première élection, en 1997, il a lentement glissé dans la faveur du public à un point tel que peu de Britanniques disent qu'ils vont le regretter.
C'est surtout la question de la guerre en Irak qui a entaché sa crédibilité. Il a d'ailleurs dû se justifier jusqu'à sa dernière période de questions en Chambre, où il a défendu sa décision de s'engager aux côtés des États-Unis tout en se disant « désolé pour les dangers auxquels sont confrontés les soldats ». À sa sortie de la résidence officielle, au 10, Downing Street, des parents de militaires morts en Irak l'attendaient en brandissant les photos de leurs fils.
Des années Blair, on retiendra également une profonde transformation de la société britannique, la paix en Irlande du Nord et d'importantes réformes dans les services publics.
Tony Blair n'a pas attendu pour s'attaquer à un nouveau défi. Quelques heures à peine après avoir quitté son poste, il a été nommé émissaire du Quartette pour le Proche-Orient. Il aura pour mission d'aider le président Mahmoud Abbas à bâtir les institutions d'un futur État palestinien, de coordonner l'assistance financière internationale et de relancer les perspectives de paix.
Son successeur, le ministre des Finances Gordon Brown, a placé son mandat sous le signe du changement, tentant ainsi de retrouver la confiance des électeurs.