
Algues bleues
![]() La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp |
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et la ministre Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, ont dévoilé, lundi, à Lac-Beauport, leur plan d'action pour protéger les lacs et rivières des cyanobactéries, communément appelées algues bleues.
Québec consacrera 12 millions de dollars pour les interventions urgentes et la prévention.
Le gouvernement Charest mettra 1 million de dollars à la disposition des organismes de bassins versants et des conseils régionaux en environnement, qui auront le mandat de préparer et de mettre en oeuvre des actions pour contrer la prolifération de ces algues, dangereuses pour la santé. Ils seront appelés à le faire en concertation avec les municipalités, associations de riverains et de citoyens.
Une somme de 10 millions de dollars sera consacrée aux municipalités dont le réseau d'aqueducs est relié à un plan d'eau affecté de façon récurrente par des épisodes d'algues bleues.
La ministre Beauchamp a par ailleurs annoncé que les capacités des laboratoires d'analyse de son ministère seront triplées, afin de fournir des résultats rapides. Les analyses concernant les algues bleues, dont les coûts sont normalement assumés par les municipalités, seront payées par le gouvernement. Québec prévoit 600 000 $ pour ces mesures.
Le reste de la somme annoncée sera investie dans un programme de reboisement des rives. En trois ans, ce programme permettra de planter 2 200 000 arbres.
Le gouvernement a par ailleurs invité la population à adhérer à la Charte des lacs, un engagement pour l'adoption de comportements visant la protection des lacs et rivières du Québec.
Une série de guides de bonnes pratiques et un site Internet seront destinés à informer les citoyens et municipalités. Une campagne publicitaire sera également lancée cet été.
Réactions mitigées
![]() La maire de Beaupré, Henri Cloutier |
Les environnementalistes considèrent que le plan gouvernemental constitue un bon premier pas, mais on déplore l'absence de réglementation pour forcer des comportements plus responsables.
Charles-Antoine Drolet, vice-président de nature Québec, croit qu'on ne peut compter uniquement sur la bonne foi des propriétaires riverains pour faire changer les choses.
Si le plan ne comporte pas de mesures coercitives, les municipalités peuvent par contre légiférer. Elles peuvent par exemple choisir d'interdire l'utilisation d'engrais et de pesticides à proximité des plans d'eau, l'une des causes de la prolifération des algues bleues.
Henri Cloutier, maire de Beaupré et représentant de l'Union des municipalités lors de l'annonce du gouvernement, s'est dit satisfait des mesures présentées. Selon lui, le plan de Québec respecte tous les organismes ayant pouvoir en la matière.
![]() Les cyanobactéries sont parfois de couleur verte. |
L'été dernier, les cyanobactéries ont contaminé plus de 70 lacs du Québec, soit 40 % de plus que l'année précédente. Les phosphates sont un des principaux catalyseurs de ces algues bleues. Les écoulements d'eau de vaisselle, souvent chargée en phosphates, les coliformes fécaux en provenance de fosses septiques désuètes des résidents riverains, les rejets agricoles et ceux de certaines usines génèrent une pollution propice à l'éclosion des algues bleues.
L'ingestion ou le contact avec des algues bleues peut provoquer des irritations, des nausées et des vomissements.
* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes