
Option Canada
![]() Le juge à la retraite Bernard Grenier |
Le rapport sur les activités illégales d'Option Canada lors de la campagne référendaire de 1995, qui sera présenté mardi à Québec, pourrait porter un dur coup au gouvernement libéral minoritaire de Jean Charest.
L'enquête menée par le juge à la retraite Bernard Grenier ne devrait pas impliquer directement le premier ministre, bien qu'il puisse ressortir qu'il avait eu écho de ces activités, à titre de vice-président du comité du non.
Mais la participation possible de certains de ses collaborateurs présents et passés aux activités de cet organisme occulte, ainsi que celle de libéraux influents, pourrait entacher pour longtemps la crédibilité du Parti libéral du Québec. Plusieurs d'entre eux ont d'ailleurs été appelés à témoigner devant le juge Grenier lors de son enquête.
Le juge Grenier a été mandaté en janvier 2006 par le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, pour enquêter sur les allégations contenues dans le livre Les secrets d'Option Canada du journaliste Normand Lester et de l'ex-candidat péquiste Robin Philpot. Lancé en pleine campagne électorale fédérale, l'ouvrage avait contribué à la débâcle des libéraux fédéraux au Québec.
Un généreux compte de dépenses pour les fédéralistes
À partir de factures, de copies de chèques et d'informations comptables obtenus par Normand Lester d'une source anonyme et remises peu après au DGE, les deux auteurs ont conclu qu'Option Canada, un organisme créé par le Conseil de l'unité canadienne (CUC), le 7 septembre 1995, avait dépensé 5,2 millions de dollars au bénéfice du camp du non lors de la campagne référendaire.
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De cette somme, 3,5 millions de dollars auraient été consacrés à la publicité, aux panneaux réclames, aux sondages et à l'achat de matériel pour le comité du non. Option Canada aurait aussi défrayé 102 814 $ pour la soirée de dévoilement des résultats organisée par le camp du non au Métropolis, à Montréal, le 30 octobre.
La totalité de ces fonds illégaux avait été octroyée à Option Canada par le ministère du Patrimoine canadien, par l'entremise du CUC. Considérant que la Loi référendaire québécoise autorisait des dépenses de 5 millions de dollars pour chaque camp, le comité du non aurait ainsi bénéficié du double des sommes dont disposait son rival du oui. Le DGE de l'époque, Me Pierre-F Côté, ignorait alors l'existence d'Option Canada.
Selon le politologue et ex-candidat péquiste Guy Lachapelle, le rapport risque de bouleverser la donne électorale, si jamais un scrutin précipité devait avoir lieu. « Au-delà du budget, cela va donner l'occasion de s'écarter de la seule question budgétaire et de provoquer la tenue d'élections en raison de quelque chose qui pourrait être perçu comme la question de l'intégrité des gens qui gouvernement », a-t-il à la Presse canadienne.
Le rapport du juge Grenier sera présenté mardi aux médias, sous embargo, en début d'après-midi. Il sera par la suite disponible au grand public, dès 16 h, sur le site Internet du Directeur général des élections. Sa présentation aura été reportée quatre fois, notamment en raison des dernières élections provinciales.
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