La politique

La carrière politique du jeune Dumont commence en 1987 à La Pocatière, lorsqu'il assiste au Congrès annuel de la Commission-Jeunesse du PLQ.

Passionné par les débats, il devient rapidement conseiller, puis membre de l'exécutif, et en mars 1991, président de la Commission-Jeunesse.

Il a alors 21 ans, habite Le Plateau Mont-Royal, et étudie l'économie à l'Université Concordia.

C'est l'époque du rejet de l'Accord du Lac Meech par le Canada anglais. Robert Bourassa et Brian Mulroney sont au pouvoir à Québec et à Ottawa. La reconnaissance du caractère distinct du Québec est mise en échec par le député autochtone du Manitoba, Elijah Harper, et le premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells.

Ce rejet secouera le Québec et ravivera le nationalisme.

Jean Allaire, éminence du PLQ, président de la Commission juridique, est alors nommé à la tête du comité constitutionnel chargé d'élaborer une solution de rechange, une réponse à l'échec de Meech. Un an plus tard, il présente son rapport, « Un Québec libre de ses choix », au Congrès du PLQ, en mars 1991.

Robert Bourassa et Mario Dumont   © PC/Clement Allard

Il propose l'autonomie du Québec, une réforme de la Confédération canadienne avec une nouvelle répartition des pouvoirs.

Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, trouve le rapport un peu trop radical et entame des discussions avec le gouvernement fédéral, les gouvernements des neuf autres provinces, ceux des deux territoires et de quatre groupes autochtones.

Il s'agit d'une négociation à 17, et les compromis sont nombreux. Les négociations mènent quand même à un nouveau projet constitutionnel, l'accord de Charlottetown. Au mois d'août 1992, Robert Bourassa, malgré de nombreuses réticences qu'il avait déjà manifestées, signe l'entente.

« « Plus de société distincte, aucun gain pour l'autonomie du Québec... et des dizaines de prétendues ententes sectorielles qui n'étaient en fait que des promesses de discussions à mener sans aucune obligation de résultat », selon Mario Dumont. » — 

Le 23 septembre, Jean Allaire, Mario Dumont et plusieurs dissidents forment le réseau des libéraux pour le non à l'entente de Charlottetown, qui devait être soumise à un référendum pancanadien en octobre.

Le 26 octobre, les Canadiens et les Québécois rejettent l'accord.

Les Québécois parce qu'ils n'y voient rien qui puisse satisfaire leurs revendications historiques, les Canadiens parce qu'ils trouvent que l'Accord fait trop de concessions au Québec.

Insatisfait de l'orientation du PLQ, qui a complètement rejeté le rapport Allaire, Mario Dumont, celui dont on a dit qu'il était l'héritier naturel de Robert Bourassa, quitte le parti libéral.

Puis l'histoire s'accélère pour le futur chef de l'ADQ.

En janvier 1993, il forme, avec Jean Allaire, le groupe Réflexion Québec, puis l'été suivant, en juillet, il est élu président du Forum Option-Jeunesse, mouvement issu du même groupe.