De l'opposition officielle au ressac

À Ottawa, les conservateurs de Stephen Harper prennent le pouvoir à sa grande satisfaction. Selon lui, l'accession de Stephen Harper à la tête du gouvernement fédéral représente un beau risque pour le Québec et une épine au pied du PQ.

Il propose même, en mai 2006, de « de relancer les négociations avec Ottawa afin de réintégrer la Constitution canadienne ».

« « Jusqu'à un certain point, il peut représenter une plus grande menace pour la cohésion du pays que les souverainistes, qui sont faciles à cibler si vous êtes fédéraliste » » — 
John Parizella, ancien chef de cabinet de Robert Bourasa.

En novembre 2006, il intervient dans le dossier des accommodements raisonnables. Accusant Jean Charest et André Boisclair de mollesse, il affirme que : « l'égalité entre les hommes et les femmes au Québec, ce n'est pas touchable... C'est fondamental. [...] Ici, au Québec, on est une majorité qui n'a pas besoin de vivre dans la peur d'être traitée d'intolérante. Le Québec est exemplaire en matière de générosité, de tolérance et d'égalité de ses citoyens. »

Souvent accusé d'être populiste par ses adversaires, son message passe bien dans la population, et il est prêt pour les prochaines élections.

  © PC/Jacques Boissinot

Le 26 mars 2007, à la suite d'une campagne électorale sans faille, il provoque l'élection d'un gouvernement libéral minoritaire, relègue le Parti québécois au troisième rang et devient l'opposition officielle à l'Assemblée nationale. Son parti obtient 31 % du vote, 1,2 million de voix. Il a doublé ses appuis d'il y a quatre ans et a fait élire 41 députés.

Selon des chiffres de Léger Marketing obtenus par Radio-Canada, plus de 75 % des francophones ont boudé le Parti libéral. « 24 % des votes francophones, c'est le plus faible taux d'appui pour le Parti libéral depuis la Confédération », dit Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing.

Les francophones auront donc voté pour l'ADQ et le PQ.

« « J'ai toujours trouvé Mario super brillant. J'aurais trouvé ça triste qu'il continue avec quatre députés » » — 
son épouse, Marie-Claude Barrette, au lendemain de l'élection du 26 mars.

Dans son discours de remerciement devant ses militants à Rivière-du-Loup, le chef de l'ADQ parle de victoire historique et affirme que « le vote des Québécois exprime un profond désir de changement ».

Le ressac de 2008

Mario Dumont, devant des supporteurs le 8 décembre 2008 à Rivière-du-Loup. Mario Dumont, devant des supporteurs le 8 décembre 2008 à Rivière-du-Loup.   © PC/Clement Allard

Un an plus tard, l'heure n'est plus aux réjouissances. Le scrutin du 8 décembre 2008 marque en effet un net recul de l'ADQ, qui passe de 41 à 7 sièges.

Un effritement clair, une page tournée
Article de Radio-Canada.ca - 8 décembre 2008

Au regard de ces résultats, il annonce qu'il ne dirigera pas le parti aux prochaines élections provinciales, mais il assume son cinquième mandat dans Rivière-du-Loup. « Le temps est venu pour moi de tourner la page et de retourner près des miens », déclare-t-il le soir des résultats.