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Lundi 13 février 2012 17:24 HNE

En profondeur

Biographie : Stéphane Dion

Un chef contesté

Mise à jour le lundi 26 novembre 2007 à 12 h 06
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Biographie : Stéphane Dion

Un chef contesté

Stéphane Dion

Photo: CP PHOTO/Adrian Wyld

Stéphane Dion, fraîchement élu chef du Parti libéral du Canada, n'aura guère l'occasion de connaître de lune de miel.

Celui dont le choix n'a déjà pas fait l'unanimité connaîtra quasiment dès le premier jour un leadership très contesté, tout particulièrement au Québec.

Il faut dire que le contexte n'est guère réjouissant pour le nouveau chef: depuis l'élection de janvier 2006, les libéraux ont quasiment été rayés du Québec, à l'extérieur de Montréal en tous les cas. Les résultats des élections provinciales québécoises de 2007 n'ont rien de rassurant non plus pour les libéraux. Le gouvernement de Jean Charest est minoritaire et boudé par les francophones.

Les médias, en outre, ne sont pas tendres envers le nouveau chef fédéral, qui se voit moqué par les caricaturistes, et auquel on reproche un manque de leadership ainsi que de sensibilité envers le Québec. Ces carences, soulignent certains chroniqueurs, se reflètent dans le choix de son entourage immédiat.

De plus, les coffres du parti sont dégarnis, ce qui limite la marge de manoeuvre des libéraux et les empêche d'envisager sereinement le déclenchement d'un nouveau scrutin.

Au premier trimestre de 2007, le PLC a recueilli dix fois moins de fonds que son adversaire conservateur. Le chef libéral refuse d'y voir un problème de leadership.

Jack Layton et Thomas Mulcair saluent un électeur mardi.

Photo: La Presse Canadienne /Paul Chiasson

Jack Layton et Thomas Mulcair saluent un électeur.

Et puis nouveau coup dur pour les troupes libérales aux élections partielles de l'automne 2007, avec la victoire dans Outremont du néodémocrate Thomas Mulcair. Le candidat libéral Jocelyn Coulon est défait, sans équivoque. Et dans les deux autres circonscriptions en élection, le Parti libéral du Canada ne marque aucun point.

Un mois plus tard, le parti encaisse deux démissions coup sur coup : celle de son lieutenant au Québec, le député Marcel Proulx, et celle du directeur général du PLC au Québec, Serge Marcil. Incapable de trouver un nouveau lieutenant au sein de son caucus (les Denis Coderre, Pablo Rodriguez et autres ont décliné), Stéphane Dion doit se tourner vers la sénatrice Céline Hervieux-Payette, une trudeauiste notoire.

Jamie Carroll

Photo: Halifax Chronicle Herald

Jamie Carroll

On peut ajouter à ces départs l'affaire Jamie Caroll, le controversé directeur général du PLC, qui doit démissionner au milieu de la controverse, deux longues semaines après avoir tenu des propos désobligeants envers les Québécois.

Appuyer le Discours du Trône, à reculons

Avec un gouvernement minoritaire à Ottawa, donc, les élections peuvent être déclenchées n'importe quand.

Stéphane Dion réagissant au discours du Trône

Stéphane Dion

L'opposition aura l'occasion de provoquer ces élections en octobre 2007 lors du dépôt du Discours du Trône, mais le Parti libéral, de toute évidence pas prêt pour un scrutin, choisit de ne pas faire tomber le gouvernement. L'abstention des députés du Parti libéral permet ainsi au gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper de faire adopter son discours du Trône par 126 voix contre 79.

Cette décision de ne pas voter contre le discours du Trône est vivement dénoncée par l'opposition et aussi largement par les chroniqueurs. Pour sa part, Stéphane Dion répète que les Canadiens ne veulent pas d'élections. En faisant ce choix, les libéraux laissent le champ libre à Stephen Harper pour la mise en place de son programme, qui comprend notamment toute une série de mesures en matière de criminalité.

Les gens comprendront notre logique. Ils comprendront que nous ne sommes pas d'accord avec le gouvernement, mais que trois élections fédérales en trois ans et demi, ça ne semble pas raisonnable. — Stéphane Dion
Si on ne s'oppose pas à la direction du gouvernement précisée dans un discours du Trône, on ne peut pas être une opposition efficace. Ca c'est clair, parce que ça donne gratuitement une majorité au gouvernement. — Jack Layton
Le chef de l'opposition me fait penser à un prof qui rature partout le travail d'un étudiant, mais qui lui donne la note de passage de toute façon. — Stephen Harper
Stephen Harper

Photo: CP PHOTO/Tom Hanson

Stephen Harper lors de la période des questions à la Chambre des communes.

Même si cette décision de ne pas faire tomber le gouvernement est dénoncée par le Bloc et le NPD, force est de constater que le Parti libéral a probablement évité de subir le désastre en choisissant cette voie. Il donne aussi au parti le temps de chercher à se renflouer et de mettre de l'ordre dans ses troupes.

Le chef libéral, qui maintient bon an mal an ses appuis au Canada anglais, peine à changer son image au Québec où il est perçu par l'électorat comme un fédéraliste centralisateur à tous crins. Cette image, combinée au souvenir du scandale des commandites et à la relative force des conservateurs semble freiner toute remontée des libéraux dans les intentions de vote au Québec.

L'avenir de Stéphane Dion

Mais Stéphane Dion aura-t-il le loisir de mener ses troupes lors d'un prochain scrutin? Certains observateurs de la scène politique en doutent.

Vincent Marissal, 18 octobre 2007, La Presse
Ça aussi, ça promet pour la campagne électorale. Si Stéphane Dion se rend à cette campagne, évidemment. Signe révélateur, on parle ouvertement des possibles successeurs de M. Dion à Ottawa ces jours-ci, aussi bien chez les libéraux que chez leurs adversaires. On voit beaucoup Bob Rae depuis qu'il s'est remis de ses problèmes cardiaques. Gerard Kennedy aussi se fait voir. Michael Ignatieff est très présent également. D'autres sont plus discrets, mais leurs noms circulent, comme celui de Brian Tobin.