L'ère Martin

Paul Martin et Stéphane Dion   © Luc Lavigne

Le 12 décembre, lorsque Paul Martin succède à Jean Chrétien à la tête du gouvernement à l'issue de batailles qui ont déchiré le Parti libéral, Stéphane Dion est écarté du Cabinet, lui qui avait pourtant appuyé Paul Martin lors de la course à la direction.

Mais Stéphane Dion était associé au clan Chrétien et, surtout, à la veille des élections, Martin voulait se débarrasser d'un ministre associé à la ligne dure avec le Québec. Et Dion incarnait tout ce qui déplaisait aux Québécois.

Certains se sont même demandé si le premier ministre Martin appuierait la candidature de Stéphane Dion, qui, lui, insistait pour se présenter à l'élection générale du 28 juin 2004.

« J'ai alors dû apprendre la politique de rue  », dira Stéphane Dion. « Contrairement aux autres, j'ai d'abord été nommé ministre sans être élu, puis élu député. Maintenant, je dois revenir à la base et travailler pour être élu, me battre pour garder mon comté. »

Dion n'aura pas été en pénitence longtemps. Pris dans la tourmente des commandites, le Parti libéral a de la difficulté à s'imposer durant la campagne électorale. Dion projette l'image d'un homme intègre, une image rassurante.

Paul Martin lui demande donc de s'impliquer davantage dans la campagne, surtout que le lieutenant libéral du Québec, Jean Lapierre, a de la difficulté à rallier la population.

Les libéraux remportent les élections de justesse, forment un gouvernement minoritaire et Stéphane Dion est nommé ministre de l'Environnement.

M. Environnement

Si Stéphane Dion s'est d'abord affirmé à Ottawa avec sa loi sur la clarté référendaire, il était loin de faire l'unanimité, surtout au Québec, où il était perçu comme un fédéraliste dur, un fédéraliste centralisateur.

Avec le portefeuille de l'environnement par contre, il aura réussi à se rallier de nombreux partisans.

Au cours de son mandat, il obtient la conclusion d'une entente internationale, appelée le Plan d'action de Montréal, visant à prolonger au-delà de 2012 l'application du protocole de Kyoto sur les changements climatiques. L'accord a été conclu à Montréal, sous sa présidence, lors de la Conférence sur les changements climatiques, du 28 novembre au 9 décembre 2005.

Stéphane Dion Stéphane Dion, alors ministre fédéral de l'Environnement

Cette conférence a connu un grand succès et Stéphane Dion a reçu de nombreux éloges. Devenu chef du PLC, plus tard, il tablera largement sur cette image de promoteur de l'environnement face à un gouvernement conservateur désireux de se dissocier des Accords de Kyoto.

En attendant, comme ministre de l'Environnement, il aura réussi à projeter l'image d'un leader, d'un homme de compromis capable d'atteindre son but par la négociation et de rallier différents points de vue.