Gilles Duceppe et Pauline Marois
L'enthousiasme généré par la candidature de Pauline Marois à la direction du Parti québécois semble avoir gagné cette dernière.
La candidate à la direction du PQ reçoit un appui public sans équivoque du chef bloquiste Gilles Duceppe, qui a renoncé à briguer la tête de la formation souverainiste.
Lors d'une apparition publique aux côtés du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, lundi à Montréal, Mme Marois a estimé que la question de la direction du PQ serait réglée d'ici « quelques semaines », tout en soulignant l'accueil « particulièrement stimulant » à son égard.
« Je souhaiterais être là à l'automne, et j'ai compris que c'était une des balises que l'exécutif s'était fixées - que, pour la rentrée parlementaire, il y ait déjà un nouveau chef ou une nouvelle chef pour le Parti québécois », a-t-elle ajouté.
M. Duceppe, qui a renoncé à sa propre candidature après l'avoir annoncée dans un premier temps, s'est rallié de manière sans équivoque à Pauline Marois. « On a un objectif, c'est de faire élire la première première ministre du Québec. J'ai dit très clairement aujourd'hui qu'entre Pauline et moi, ce n'est pas un duel, c'est un duo », a déclaré le chef bloquiste.
M. Duceppe et Mme Marois participaient tous deux à un événement de financement pour la députée bloquiste Francine Lalonde, dans la circonscription de La Pointe-de-l'Île.
Changement de programme
Quant au député péquiste de Rousseau, François Legault, et à l'ancien ministre péquiste Joseph Facal, ils proposent un renouveau du programme du Parti québécois.
François Legault
En entrevue à RDI, lundi après-midi, François Legault a déclaré qu'ils avaient préparé un texte destiné à la discussion et à la remise en question du programme péquiste, qui a été écrit avant la démission d'André Boisclair de la direction du parti.
Ils l'ont donc remis à Pauline Marois, qui s'en est peut-être inspirée dimanche, lors de l'annonce de sa candidature officielle pour succéder à M. Boisclair. Il y aurait en effet de nombreuses similitudes entre les propositions de Mme Marois et le texte de Legault-Facal.
Modifications en vue
On peut donc s'attendre à ce qu'il y ait beaucoup de discussions au sein du PQ dans les prochaines semaines. De toute évidence, le parti doit se repositionner, digérer les leçons de la dernière élection générale et proposer un programme qui correspond davantage à la réalité et à la volonté de la population.
On veut ainsi mettre l'accent sur la famille, l'égalité entre les hommes et les femmes, écarter indéfiniment l'idée de référendum et se rapprocher des Québécois.
Comme l'a précisé M. Legault, « on peut redéfinir la social-démocratie et être pour la justice, tout en voulant augmenter la croissance économique et régler le problème des hôpitaux. On veut être une gauche efficace. »
Il faut, dit-il, parler un peu plus de souveraineté, « mais parler des avantages plutôt que de la démarche. »
Comme le disait Pauline Marois lors de l'annonce de sa candidature, « il faut accepter la mariée avec sa corbeille de mariage », et il semble bien que la corbeille contienne les propositions Legault-Facal, dont l'objectif principal est de se rapprocher de la population.
Le SPQ libre vibre pour Marois
Les Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre, une faction de radicaux péquistes créée par Bernard Landry, semblent être d'accord avec Pauline Marois sur un nombre d'enjeux assez important, puisqu'ils ne présenteront pas de candidat dans la course à la direction du PQ.
Marc Laviolette (archives)
Ils appuient entre autres la mise en veilleuse de l'idée de tenir un référendum le plus tôt possible. Leur porte-parole, Marc Laviolette, croit qu'un échéancier rigide n'est absolument pas nécessaire.
Par ailleurs, le député Maxime Arseneau, de la circonscription des Îles-de-la-Madeleine, appuiera la candidature de Mme Marois, même s'il continue de penser qu'une course aurait été bénéfique pour le PQ.
La semaine dernière, M Arseneau s'était prononcé en faveur de Gilles Duceppe, mais depuis le retrait de la course de ce dernier, il souhaite le couronnement de l'ancienne ministre.
Un autre militant souverainiste, le directeur du journal Le Québécois, Patrick Bourgeois, a toutefois donné un autre son de cloche. « On est en train de donner le Parti québécois à Mme Marois avant même qu'elle nous ait donné une idée concrète et précise! », s'est-il exclamé.