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![]() Photo: La Presse Canadienne /Ian Barrett |
Portée par des sondages favorables et forte de l'appui de nombreux militants souverainistes, Pauline Marois a officiellement annoncé, dimanche à Longueuil, qu'elle convoitait pour une troisième fois la direction du Parti québécois.
Ses premiers mots ont été pour le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui a pris tout le monde par surprise en annonçant samedi soir qu'il se retirait de la course et qu'il se ralliait « inconditionnellement » à l'ancienne ministre péquiste.
Mme Marois a salué son geste, qu'elle a qualifié de courageux. « Ça prend beaucoup de courage pour faire ce qu'il a fait hier, a-t-elle dit. Ça prend un grand sens des responsabilités et cela le grandit. Si je suis élu, nous allons travailler en étroite collaboration pour le Québec. »
Mettre de côté le référendum
Pauline Marois a déclaré qu'une nouvelle page d'histoire était en train de s'écrire au Parti québécois. Selon elle, les énergies des militants devront être consacrées à renouveler l'approche du parti et surtout à écouter et respecter la volonté des Québécois exprimés lors de l'élection du 26 mars.
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Un parti politique qui ne répond pas à une nécessité évidente se condamne à la marginalité et peut même se condamner à la disparition. Il y a un immense travail d'écoute à faire, et je sais que je peux le faire. — Pauline Marois
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L'ancienne ministre affirme qu'il faut sortir le PQ du piège de l'échéancier référendaire et consacrer ses énergies à construire le Québec.
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Le temps et l'énergie passés à la mécanique sont du temps qui n'est pas consacré à convaincre de la nécessité de la souveraineté. Il faut cesser cette fuite en avant. C'est la première chose dont je veux parler avec les militants dans toutes les régions du Québec. Et je veux aussi leur parler de social-démocratie. — Pauline Marois
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Selon Pauline Marois, le PQ doit moderniser sa conception de la social-démocratie et elle rappelle que ce processus a déjà été réalisé dans d'autres partis de centre-gauche, ailleurs en Occident, sans que « les valeurs profondes de justice sociale » soient reniées. « Le PQ doit mettre résolument le cap sur la prospérité économique dans une optique de développement durable », a-t-elle dit.
Elle rejette par la même occasion l'idée qu'elle pourrait faire la promotion d'une vision « autonomiste » chère à l'Action démocratique. « Vouloir moderniser l'État n'est pas anti-social-démocrate et n'est pas en contradiction avec la poursuite du projet souverainiste », a souligné Pauline Marois.
L'aspirante-chef du PQ a ajouté qu'« aucun parti politique n'a moralement le droit d'écarter de façon définitive le droit d'un peuple de s'autodéterminer ».
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Un long parcours au PQ
Âgée de 58 ans, Pauline Marois a occupé une quinzaine de ministères durant sa carrière politique, dont ceux de la Santé, de l'Éducation et des Finances. Elle a aussi présidé le Conseil du Trésor. |
Un appui enthousiaste des troupes
![]() Photo: La Presse Canadienne /Ian Barrett |
Plusieurs députés du Parti québécois et du Bloc québécois étaient présents dimanche matin aux côtés de Pauline Marois, notamment le député de Rousseau, François Legault, l'une des figures les plus importantes du parti.
On a aussi remarqué la présence de la leader parlementaire péquiste à l'Assemblée nationale, Diane Lemieux, ainsi que du député de Vachon, Camil Bouchard.
Tout en insistant sur la nécessité de tenir un débat, ce dernier s'est dit d'accord avec l'idée de ne pas enfermer le PQ dans le « piège référendaire ».
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Lorsque le peuple est prêt à prendre sa liberté, il donne des signes très clairs. Ce n'est pas à nous à donner rendez-vous à la liberté, c'est au peuple. — Le député Camil Bouchard
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L'un des premiers députés à s'être rangés derrière Mme Marois, Bernard Drainville, a présenté Pauline Marois aux militants. En entrevue, il a admis qu'une course à la direction entre un trop grand nombre de candidats ne serait pas « une bonne idée ».
De son côté, le député de Borduas, Pierre Curzi, ancien président de l'Union des artistes, a préparé un discours pour annoncer qu'il se ralliait à Pauline Marois et qu'il renonçait à se lancer dans la course à la direction.
Mme Marois pourrait donc se diriger vers un couronnement à la tête du PQ. Pour le moment, aucun autre candidat ne s'est officiellement manifesté pour succéder à André Boisclair, mais la présidente du parti, Monique Richard, n'écarte pas cette possibilité.
Une démission solidaire
Également présente à la conférence de Pauline Marois, la députée de Taschereau, Agnès Maltais, a démissionné de son poste de présidente du caucus parlementaire du PQ afin de pouvoir prendre fait et cause pour sa candidate. La fonction de présidente du caucus lui imposait la neutralité dans la course à la direction.
Agnès Maltais estime qu'à l'heure actuelle le PQ doit éviter la division et que Pauline Marois saura jouer ce rôle rassembleur dont le parti a tant besoin. « Il est temps de panser les plaies du Parti québécois et de plonger dans l'avenir », a-t-elle dit.
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