Avec René Lévesque, lors de son assermentation comme ministre de la Condition féminine, en avril 1981.
Pauline Marois est une souverainiste de la première heure : elle est membre du Parti québécois depuis plus de 30 ans. Elle a donc connu toutes les métamorphoses de l'option souverainiste : de l'indépendance pure et dure à la souveraineté-association, en passant par l'étapisme et le « beau risque » du fédéralisme, que René Lévesque était prêt à courir après l'élection des conservateurs de Brian Mulroney au fédéral.
Redevenir le Parti des Québécois
Lorsqu'elle dépose officiellement sa candidature à la direction du PQ, le 18 juin 2007, Pauline Marois indique comment elle entend réorienter sa formation politique afin qu'elle corresponde davantage aux aspirations des Québécois. Elle ose remettre en question l'article premier du Parti québécois, lequel prévoit la tenue d'un référendum le plus rapidement possible au début du mandat. « Le Parti québécois doit rompre avec le piège d'échéancier ou d'obligation référendaire », écrit-elle. Il doit plutôt se concentrer sur le projet de pays.
Pauline Marois souhaite également décoincer la social-démocratie. « Il faut, une fois pour toutes, en finir avec cette peur de la richesse comme s'il s'agissait de quelque chose qui nous détournerait du bien commun et de la solidarité. Au contraire, c'est grâce à la richesse que nous pourrons être mieux solidaires. » C'est au nom de cette solidarité qu'elle veut notamment s'attaquer au problème de l'endettement de l'État.
Elle n'écarte pas les collaborations entre le secteur privé, le secteur communautaire et le secteur public. Désormais, « l'équité et la justice sociale ne sont pas nécessairement synonymes d'uniformité ».
Le développement durable, qui met l'accent sur la personne et qui vise la protection du patrimoine, est au coeur de son discours.
Sa stratégie de 2004
Pauline Marois a été l'attachée de presse de Jacques Parizeau, qui lui a enseigné lorsqu'elle a fait sa maîtrise en administration des affaires.
Pauline Marois avait proposé un plan de match pour la souveraineté, qu'elle avait publié dans le journal La Presse, le 20 avril 2004. Son plan de match était en quatre quarts, comme au football.
Premier quart : l'élection du Bloc québécois pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa (le Bloc a gagné 54 des 75 sièges du Québec à l'élection fédérale de juin 2004).
Deuxième quart : un projet de société pour gouverner le Québec. Selon Pauline Marois, le Parti québécois devait renouveler son programme social-démocrate pour offrir une solution de rechange au gouvernement Charest. Un gouvernement du Parti québécois aurait également fait la démonstration de la nécessité, pour le Québec, de contrôler ses impôts, ses lois et ses traités internationaux.
Troisième quart : un mandat pour préparer la souveraineté. Pauline Marois proposait d'une part la formation d'une assemblée constituante qui aurait rédigé un projet de Constitution d'un Québec souverain, et, d'autre part, la création d'un ministère de l'Accession à la souveraineté, qui aurait mis en place les mesures de transition.
Quatrième quart : un référendum sur la souveraineté. Ce référendum aurait présenté un projet de pays incarné dans une Constitution et muni d'un plan gouvernemental de transition vers la souveraineté.
« La souveraineté n'arrivera pas toute seule, comme un fruit bien mûr tombant de l'arbre. La souveraineté se réalisera par la force de la volonté, en agissant dès aujourd'hui et en toutes choses comme pour un peuple souverain. Chaque jour, partenaires de la souveraineté du Québec, militants des partis souverainistes, députés du Parti québécois et du Bloc québécois, nous devons faire les gestes de souveraineté qui nous rapprochent de notre pays », concluait-elle.