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En profondeur

Mise à jour le lundi 14 mai 2007 à 11 h 42 HAE

Les premières armes

Aînée de cinq enfants, Pauline Marois a grandi dans un milieu modeste à Saint-Étienne-de-Lauzon, village de la rive sud du Saint-Laurent, en face de Québec. Son père était mécanicien dans un garage de Québec. Tous les enfants de la famille ont fait des études universitaires, ce qui comptait beaucoup pour les parents.

Pauline Marois a choisi d'étudier en service social. Elle raconte que c'est la fréquentation du Collège Jésus-Marie, institution privée pour jeunes filles, qui lui a fait prendre conscience des injustices sociales et lui a donné envie de se battre pour les moins nantis. En 1969, à l'âge de 20 ans, elle épouse Claude Blanchet, avec qui elle aura quatre enfants.

« Nous vivons ensemble des expériences très stimulantes, dira-t-elle de lui. Moi, j'étais plutôt de gauche, assez critique de la société et des gens bien nantis, mais peu engagés dans la collectivité. Claude, de son côté, était plutôt de droite, traditionnel, conservateur dans ses points de vue. Dans l'Outaouais, nous avons décidé de nous engager dans une expérience qui a été fascinante : la mise en place d'une coopérative de télévision. Un vrai poste de TV, CFVO, qui est devenu Radio-Nord. J'ai incité Claude à s'engager dans quelque chose de collectif. [...] Et ça a été pour nous une période de rapprochement très, très importante. Je l'avais mis au défi pour qu'il sorte de son monde un peu conservateur et capitaliste. »

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Dans Salut les amoureux!, entrevues recueillies par Sophie Durocher et Claude Fortin, Stanké, 2003

Après avoir obtenu, en 1971, son baccalauréat à l'Université Laval, elle travaille en Outaouais, notamment au sein de groupes communautaires et comme directrice générale d'un CLSC, puis obtient, en 1976, une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'Université de Montréal. C'est là qu'elle fait la connaissance de Jacques Parizeau, qui l'engagera par la suite comme attachée de presse.

Elle décide de devenir candidate péquiste en 1981, alors qu'elle est directrice de cabinet de la ministre d'État à la Condition féminine, Lise Payette, et enceinte de sept mois et demi.

« C'est vraiment grâce au dossier des femmes que j'ai fini par décider quand même d'y aller, en politique : en effet, nous cherchions des femmes pour s'impliquer, et ce n'était pas facile, car elles avaient peur. Je les comprenais. Nous voulions des candidates... Un jour quelqu'un m'a dit : "Pourquoi n'irais-tu pas, puisque tu veux tellement que des femmes se présentent?" Cette possibilité était tellement loin dans mon esprit qu'il a fallu qu'on me convainque. »

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La politique au féminin, entrevues recueillies par Marie-Jeanne Robin, Inédi, 1983

En avril 1981, Pauline Marois est élue dans La Peltrie, une circonscription de la ville de Québec.

Élue avec plus de 5000 voix de majorité dans La Peltrie, circonscription de la ville de Québec, elle entreprend son ascension fulgurante au sein du gouvernement et du Parti québécois. Dès ce premier mandat, elle siège au Comité des priorités. Elle est successivement ministre de la Condition féminine, vice-présidente du Conseil du Trésor et ministre de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu.

Aux élections de décembre1985, le Parti québécois perd le pouvoir, et Pauline Marois est battue dans La Peltrie par Lawrence Cannon, du Parti libéral. Elle demeure active au sein du Parti québécois, dont elle devient vice-présidente en 1988.



« Si j'ai pu faire carrière en politique et avoir des enfants, c'est que, avouons-le, je suis une force de la nature. Je n'y suis pour rien, mais j'ai un seuil de tolérance très élevé et je récupère très vite. Et, bien sûr, j'ai choisi d'avoir des enfants parce que j'en ai les moyens et de l'aide à la maison. La meilleure politique nataliste, je l'ai toujours dit, c'est de sécuriser les gens face à l'avenir. Et puis, il y a longtemps que j'ai réglé beaucoup de choses avec mon mari, qui est aussi mon chum, notamment le partage des tâches. Ceci dit, je suis régulièrement assaillie par tous les remords et les sentiments de culpabilité qui sont ceux des mères qui travaillent à l'extérieur. »
La vie en rose, septembre 1985

« Je veux changer le monde. Naïve? Si on n'a pas d'idéal, on ne peut pas faire de politique. C'est un métier frustrant, décevant. On a beau faire de notre mieux, dès que notre gouvernement est battu, pfft! on nous oublie. Mais il y a des satisfactions, des grandes. Je suis très fière d'avoir réussi à négocier avec les 400 000 employés du secteur public, sans grève et sans qu'on donne la caisse. C'est une des choses que je suis contente d'avoir accomplies durant mon court passage au Conseil du Trésor. »
Elle Québec, février 1996