L'annonce des candidatures du chef bloquiste Gilles Duceppe et de l'ancienne ministre péquiste Pauline Marois à la direction du Parti québécois a suscité de nombreuses réactions dans le camp souverainiste. Et plusieurs députés et militants n'ont pas hésité à afficher leurs couleurs.
L'annonce des candidatures de Gilles Duceppe et de Pauline Marois à la direction du Parti québécois suscite beaucoup de réactions dans le camp souverainiste. Et plusieurs militants et députés n'hésitent pas à afficher leurs couleurs.
Bernard Drainville
Chez les péquistes, le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, a donné son appui à Pauline Marois. « C'est à son tour. [...] Ce serait génial que le Québec ait une première ministre », a-t-il déclaré vendredi.
Sans surprise, la députée de Taillon, Marie Malavoy, a elle aussi exprimé sa préférence pour son amie Pauline Marois. « Compte tenu de son talent et son goût de la politique, je ne vois pas pourquoi elle hésiterait », a-t-elle dit.
Des députés comme Danielle Doyer et Denis Trottier se sont aussi rangés dans le clan Marois.
Le président démissionnaire de l'Association péquiste de la région de Québec, Philippe Edwin-Bélanger, soutient également l'ancienne ministre péquiste, qu'il juge compétente et rassembleuse. Selon lui, Mme Marois saura prendre les rênes du PQ. M. Edwin-Bélanger regrette cependant que Gilles Duceppe soit son adversaire et qu'il délaisse le Bloc québécois.
L'arrivée de Gilles Duceppe ne semble pas provoquer d'enthousiasme chez des élus péquistes. Pour certains, sa candidature est difficile à accepter après la déclaration du bloquiste Louis Plamondon qui a dit, mercredi, que le PQ avait besoin de se faire « botter le derrière ».
Le député des Îles-de-la-Madeleine, Maxime Arseneau, s'est tout de même déjà rangé derrière le chef bloquiste. Plusieurs députés qu'on associe généralement au clan de Gilles Duceppe, comme Sylvain Simard et Louise Harel, n'étaient pas rejoignables.
D'autres députés ou anciens députés, tels Daniel Turp, François Legault ou Richard Legendre, se sont réfugiés derrière la nécessité de jauger les forces en présence avant de se commettre publiquement.
Pierre Curzi
Quant au député Pierre Curzi, pressenti comme candidat potentiel à la succession d'André Boisclair, il a admis sa confusion. Dans une entrevue à RDI, il a indiqué qu'il se donnait jusqu'au début de la semaine prochaine pour prendre une décision. Plusieurs voient Pierre Curzi comme l'incarnation du renouveau au PQ.
Le comédien bien connu, âgé de 61 ans, a été élu pour la première fois aux élections du 26 mars. L'ancien président de l'Union des artistes, entre 1998 et 2006, est actuellement porte-parole du PQ en matière de culture et de communications.
Le Bloc québécois penche naturellement pour Duceppe
Au Bloc québécois, on semble naturellement pencher du côté de Gilles Duceppe. Le député de Joliette, Pierre Paquette, lui a donné son appui total. « Il a toutes les compétences et les qualités pour devenir chef du PQ », a-t-il dit.
Michel Gauthier
Michel Gauthier soutient lui aussi Gilles Duceppe, avec qui il a longtemps travaillé. Le député de Roberval-Lac-Saint-Jean, qui doit bientôt quitter la vie politique, prend toutefois soin de préciser que les deux candidats présentent des garanties d'un chef extraordinaire.
Les députés Paul Crête et Claude Bachand, quant à eux, croient que M. Duceppe est l'homme de la situation. Selon eux, le chef bloquiste possède les qualités nécessaires pour redresser le vaisseau amiral du mouvement souverainiste.
Par contre, Christiane Gagnon et Réal Ménard ont tous deux choisi de se ranger derrière Pauline Marois, même s'ils disent respecter et apprécier le travail de Gilles Duceppe. « Mme Marois est une femme qui a dirigé 11 ministères. Elle connaît extrêmement bien le Parti québécois, elle est dans des réseaux, elle peut très bien porter un message », a déclaré M. Ménard.
Par ailleurs, la situation semble confuse à la direction du Bloc québécois. « J'imagine qu'à partir du moment où il se lance dans la course [...] Gilles Duceppe prendra les dispositions qui s'imposent [...] On peut avoir un intérim [...] la priorité est à Québec », a affirmé à RDI Michel Gauthier, qui a lui-même déjà été chef du parti.
De son côté, Pierre Paquette ne cache pas son intérêt pour la direction du Bloc québécois. « Je vais y réfléchir, je ne dis pas que je ne suis pas intéressé. Je vais faire connaître ma décision d'ici quelques semaines. »
Il ne semble pas y avoir d'urgence à trouver un chef bloquiste à Ottawa puisqu'on n'envisage pas d'élection fédérale dans un proche avenir. Le Bloc québécois fait toutefois face à une saignée de membres importante avec le départ annoncé d'Yvan Loubier, Michel Gauthier et Gilles Duceppe.