Duceppe contre Marois

La période de réflexion aura finalement été de courte durée pour Gilles Duceppe et Pauline Marois.

Trois jours après la démission d'André Boisclair, le chef bloquiste Gilles Duceppe et l'ancienne ministre péquiste Pauline Marois annoncent tour à tour, à quelques minutes d'intervalle, qu'ils seront candidats à sa succession.

duceppe Gilles Duceppe

Trois jours après la démission d'André Boisclair, M. Duceppe a confirmé qu'il sera candidat pour lui succéder à la tête du Parti québécois. « Dans le meilleur intérêt du mouvement souverainiste, j'estime qu'il est temps de mettre fin au suspense. J'annonce donc que je serai candidat à la direction du Parti québécois », a déclaré le chef du Bloc québécois par voie de communiqué.

M. Duceppe a affirmé que sa décision faisait suite à une réflexion entreprise avec sa famille et que sa position finale avait été prise vendredi matin. Il a demandé que les règles du jeu quant à la succession d'André Boisclair soient connues rapidement.

Une fois sa décision prise, M. Duceppe a téléphoné à Pauline Marois, non pas pour discuter de la situation, mais plutôt pour l'en aviser. Selon une source de la Presse canadienne, il s'agissait plus d'un appel de courtoisie.

Le nouveau candidat rencontrera les médias, lundi, pour expliquer sa décision. M. Duceppe, 59 ans, avait songé à tenter sa chance en 2005, mais avait préféré demeurer à la tête du Bloc.

Un autre essai pour Pauline Marois

Quelques minutes plus tard, l'ancienne ministre péquiste Pauline Marois annonçait, par la voix de ses collaborateurs, qu'elle serait aussi de la course à la succession d'André Boisclair. Mme Marois n'avait pas caché son intérêt cette semaine, mais affirmait qu'elle devait prendre le temps d'y réfléchir.

Pauline Marois Pauline Marois

Rencontrant la presse très brièvement, vendredi après-midi, Mme Marois a déclaré « Jamais deux sans trois », en faisant allusion au fait que c'est la troisième fois qu'elle est candidate à la direction du PQ. Elle a aussi précisé que ce n'était que vendredi matin qu'elle avait pris une décision définitive, ajoutant qu'elle « veut se sentir plus proche de la population. »

Mme Marois annoncera officiellement sa candidature dimanche, en compagnie de députés qui l'appuient.

Pauline Marois, 58 ans, s'était présentée à la course à la direction du PQ en 2005. Elle avait terminé deuxième derrière André Boisclair. Elle avait également échoué lors de la course de 1985.

L'urgence d'agir

Réuni vendredi soir, l'exécutif du PQ a déterminé que la course à la direction prendra son envol le 26 mai prochain, à l'occasion de la conférence nationale des présidents d'association qui se tiendra à Boucherville.

Trois propositions ont été retenues: les conditions pour être candidat à la direction du parti seront resserrées, l'élection du nouveau chef se fera au suffrage universel, et le chef devra être en fonction à la rentrée parlementaire de l'automne.

Il est acquis que la période des mises en candidature, qui s'était échelonnée sur 90 jours en 2005, sera considérablement réduite.