Claude Béchard pompé

Claude Béchard Claude Béchard

Rarement aura-t-on vu un ministre faire une sortie aussi virulente contre les pétrolières.

Le ministre des Ressources naturelles réclame l'intervention du fédéral pour mettre fin aux augmentations brusques du prix de l'essence. Québec songe même à imposer un prix plafond.

Le ministre des Ressources naturelles du Québec, Claude Béchard, qui n'a pas digéré leur réaction au plan vert de la province, les somme de mettre fin au mépris qu'elles affichent envers les gouvernements et les consommateurs.

Selon lui, il n'y aucune raison d'augmenter aussi brutalement les prix à la pompe non plus que d'avoir des prix aussi différents d'une région à l'autre.

« J'ai encore en mémoire les otages britanniques en Iran. Cette situation créait de l'incertitude (et faisait augmenter le prix du pétrole). On les a libérés et rien n'a changé. » — Claude Béchard

M. Béchard dit que son ministère est en train d'étudier la situation et de voir ce qui se fait dans certaines provinces de l'Atlantique où on a fixé un plafond à l'augmentation des prix.

Il demande aussi à Ottawa de voir ce qu'il peut faire puisque les provinces ont peu de moyens pour intervenir. Selon lui, c'est au niveau de la marge de raffinage que le fédéral doit intervenir: « L'argent se fait au raffinage ».

Cynique, il ajoute qu'il prévoit déjà la réaction des pétrolières qui vont « sortir » un porte-parole « pour dire à quel point je ne connais pas ça, qu'on ne connaît rien là-dedans ». Il les met donc au défi de faire preuve de bonne foi et de ne pas augmenter le prix de l'essence durant la prochaine et première longue fin de semaine de l'été.

Il semble bien toutefois que M. Béchard aura de la difficulté à se trouver des alliés du côté du gouvernement fédéral. Pressé par l'opposition d'intervenir auprès des pétrolières, jeudi, à la Chambre des communes, le ministre de l'Industrie, Maxime Bernier, a carrément fermé la porte à toute intervention, en déclarant que les prix étaient fixés par la loi de l'offre et de la demande.