La chute

Lors de l'élection du 26 mars 2007, sa formation est reléguée au troisième rang, ne récoltant que 36 sièges et qu'un peu plus de 28 % des voix. Plusieurs au sein du PQ lui imputent la défaite électorale du parti.

Dès le lendemain du scrutin, l'ancien chef Bernard Landry est très dur envers Boisclair, attribuant partiellement l'échec électoral à l'incapacité d'André Boisclair d'établir un lien avec la population. Il invite alors ses compagnons de lutte à une réflexion profonde, incluant le leadership d'André Boisclair.

D'autres militants et une bonne partie de son caucus contestent eux aussi le leadership du chef péquiste. Certains députés des premières années du PQ, comme l'ancien ministre Denis Lazure et Yves Michaud, demandent même sa démission.

De son côté, l'ancien ministre péquiste Paul Bégin déclare que le Parti québécois ne fera pas la souveraineté avec André Boisclair. Selon lui, le chef péquiste ne valorise pas assez l'identité québécoise. Il va jusqu'à comparer son nationalisme à celui de l'ancien premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau.

En avril, l'exécutif national du PQ propose de devancer la tenue du congrès du PQ à l'automne 2008, plutôt qu'au printemps 2009, comme le prévoient les statuts du parti. André Boisclair devait alors faire face à un vote de confiance. Peu après, les membres de l'exécutif des 11 circonscriptions de la région de la Capitale-Nationale votent en faveur de la tenue d'un congrès et d'un vote de confiance au printemps 2008. Ils emboîtent ainsi le pas à leurs homologues de quatre circonscriptions de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, qui s'opposent à l'échéancier fixé par l'exécutif national du parti.

Ce qui semble semble toutefois porter un coup fatal à André Boisclair, c'est la brouille avec le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. M. Boisclair fait une sortie publique en affirmant que Gilles Duceppe magouillait dans son dos pour le remplacer à la tête du parti. Selon le quotidien Le Devoir, la députée Louise Harel manoeuvre même pour préparer l'arrivée du chef bloquiste à la tête du PQ.

Boisclair invite alors Gilles Duceppe à s'occuper de ses affaires.

« Je fais mon travail qui est celui de chef du Parti québécois en ce moment. Je pense que M. Duceppe aussi doit faire la même chose. »

Devant la grogne, André Boisclair remet sa démission comme chef du Parti québécois le 8 mai 2007.



« « L'intensité de la remise en question du leadership ne me permet pas de procéder à l'essentielle réflexion que doit faire le parti. [...] Je termine sur une note d'espoir. Les fédéralistes s'avouent incapables de réformer la Constitution. Entre la résignation tranquille et la liberté, cette brave nation choisira la liberté. » » — 
André Boisclair, 8 mai 2007