L'onde de choc est encore bien palpable chez les souverainistes, trois jours après la charge d'André Boisclair contre Gilles Duceppe.
Des députés bloquistes condamnent la sortie publique d'André Boisclair contre Gilles Duceppe. D'autres appellent les deux chefs à régler leur différend le plus tôt possible pour le bien de la cause souverainiste.
Michel Gauthier
Lundi, plusieurs députés du Bloc québécois ont indiqué ne toujours pas comprendre la sortie de M. Boisclair, qui, en entrevue à Radio-Canada, a accusé le chef bloquiste de comploter pour éventuellement prendre sa place à la tête du Parti québécois.
Ainsi, le vieux routier du Bloc et du PQ, Michel Gauthier, qui en a pourtant vu d'autres, s'est dit « déçu et peiné » par cette nouvelle controverse.
« À mon sens, il a mal évalué les impacts de sa déclaration et aujourd'hui, il doit en être conscient. » dit le député Pierre Paquette. « J'ai l'impression que M. Boisclair est très déprimé », affirme de son côté le député Serge Ménard.
Même le député bloquiste Bernard Bigras, qui avait appuyé M. Boisclair lors de la course à la direction du PQ, ne s'est pas porté à son secours, lundi. « C'est une sortie injustifiée et injustifiable. M. Boisclair a certainement des comptes à régler au sein de son parti, mais ce n'est pas au Bloc québécois à en faire les frais », a-t-il soutenu.
Les bloquistes affirment n'avoir rien à se reprocher, qu'ils ne complotent pas pour déloger André Boisclair. Mais la députée Caroline St-Hilaire a des réserves. À mots couverts, elle laisse entendre que Gilles Duceppe a des responsabilités dans cette querelle.
« Je pense qu'il n'y a pas de fumée sans feu, et je suis inconfortable avec tout ce qui se passe, d'un côté comme de l'autre », a-t-elle indiqué. « On se demande pourquoi les gens se désintéressent de la politique. Ce n'est pas un beau spectacle », avait-elle dit un peu plus tôt.
Parlez-vous!
Le député d'Abitibi-Témiscamingue, Marc Lemay, craint quant à lui l'effet de cette controverse sur les militants. « C'est clair que le monde est démobilisé [...] c'est pas correct pour la cause souverainiste », dit-il, avant d'exhorter les deux chefs à reprendre contact.
Marc Lemay invite les deux chefs à reprendre contact rapidement.
« En haut, il faut que ça se règle le plus tôt possible parce qu'en bas il y a du monde qui commence à dire c'est assez! Cela n'a pas de bon sens, ça dure depuis trop longtemps. Nous, les travailleurs d'élections, il faut absolument que ça se règle, que les deux chefs se rencontrent par leur équipe et le plus vite possible », ajoute M. Lemay.
Les deux chefs ne se sont pas parlé depuis le déclenchement de cette affaire. Le chef du Bloc québécois a d'ailleurs refusé d'ajouter de l'huile sur le feu lundi. « J'ai dit ce que j'avais à dire en fin de semaine et je ne ferai pas d'autres commentaires », a dit Gilles Duceppe, avant d'inviter les journalistes à changer de sujet.