Les priorités de Jean Charest

charest Jean Charest

Le chef des libéraux québécois a présenté les six priorités de son parti pour la prochaine campagne électorale: santé, éducation, aide à la famille, création de la richesse, développement durable et affirmation du Québec.

Le premier ministre du Québec annonce ses six grandes priorités pour la prochaine campagne électorale, dans laquelle se trouve la promesse de hausser les droits de scolarité de 500 $ en cinq ans.

Il compte promettre la continuité de son premier mandat dans tous ces domaines. Au cours de la conférence de presse où il présentait sa plateforme, il a rappelé certaines des actions accomplies par son gouvernement depuis 2003.

Côté promesses, les libéraux feront encore une fois de la santé leur « première priorité ». Ils désirent embaucher 1500 médecins de plus qu'actuellement dans le réseau des hôpitaux et garantir un délai maximal de six mois pour toutes les opérations.

En éducation, Jean Charest propose de rompre avec le gel des droits de scolarité décrété en 1994 par le gouvernement du Parti québécois. Au cours d'un prochain mandat, les libéraux entendent hausser ces frais de 50 $ par session.

À terme, en 2012, il en coûterait 500 $ de plus par année pour poursuivre des études supérieures. Pour compenser cette hausse, les libéraux promettent de bonifier le programme de prêts et bourses et s'engagent à investir un milliard de dollars dans le réseau universitaire et collégial. Les libéraux promettent enfin de mettre en place des mesures favorisant un meilleur apprentissage du français et de l'anglais.

Le gouvernement Charest entend aussi ajouter 20 000 places en services de garde. Par ailleurs, il n'a pas l'intention pour l'instant de hausser les frais de 7 $ par jour demandés aux parents pour ces services.

Le premier ministre a fait son mea culpa quant à sa promesse de 2003 de réduire le fardeau fiscal des Québécois. Jean Charest maintient que cette promesse avait été faite sans connaître l'ampleur du déficit sous le précédent gouvernement péquiste.

M. Charest estime néanmoins avoir atteint, au plan fiscal, 55 % de son objectif de ramener le fardeau fiscal des Québécois au niveau de la moyenne canadienne. Le premier ministre promet, grâce à de futures baisses d'impôt de 250 millions de dollars chaque année, d'atteindre cette moyenne d'ici la fin d'un second mandat.

Les entreprises pourraient quant à elles bénéficier de l'abolition de la taxe sur le capital, si les libéraux sont élus. Jean Charest mise aussi sur la création de richesse et l'exportation de l'électricité.

La cinquième priorité va au développement durable, l'atteinte des objectifs de Kyoto et la création à Montréal d'une bourse du carbone.

La nouvelle plateforme électorale sera présentée samedi aux militants. D'autres engagements seront aussi dévoilés lors de la campagne.

C'est la guerre, estiment les étudiants

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) estime que le premier ministre Charest vient de déclarer la guerre aux étudiants. Elle prévient que la mobilisation étudiante se fera sentir durant la campagne électorale.

La FEUQ est particulièrement choquée d'entendre le premier ministre affirmer qu'il veut réinvestir un milliard de dollars en éducation d'ici cinq ans avec l'argent provenant des transferts fédéraux. L'organisation étudiante souligne que M. Charest promet de l'argent qu'il n'a pas et ne propose aucun véritable réinvestissement de la part de Québec. Selon les étudiants, il s'agit d'un désengagement complet de sa part.

La FEUQ ajoute que la promesse de M. Charest d'augmenter de façon parallèle l'aide aux étudiants est vide de sens, rappelant qu'il n'a même pas encore rempli sa promesse de freiner les frais afférents. La FEUQ chiffre ces frais supplémentaires à 200 $ par année par étudiant.

En bout de ligne, la facture sera encore plus lourde pour l'État et les étudiants seront appauvris ou endettés davantage, conclut l'organisation étudiante.