André Boisclair en compagnie de Pierre Curzi
Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a réagi avec humilité aux sondages publiés mardi par La Presse et Le Devoir, qui révèlent une remontée des libéraux et de l'ADQ aux dépens de sa formation.
Réagissant aux critiques et aux sondages qui révèlent une remontée des libéraux et de l'ADQ aux dépens de sa formation, le chef du Parti québécois affirme qu'il peut mieux faire.
Présent à Beloeil pour l'investiture du président de l'Union des artistes, Pierre Curzi, dans Borduas, le chef péquiste a affirmé que s'il fallait qu'il change, il allait le faire. Il répondait ainsi indirectement à l'ex-premier ministre Bernard Landry, qui lui a conseillé de faire preuve de plus de modestie.
M. Boisclair a soutenu que, loin de l'abattre, les résultats du sondage lui donnaient le goût de rebondir. Devant les militants, il a cité son frère, qui l'a sommé, plus tôt dans la journée, de ne pas avoir peur parfois de dire ses faiblesses.
Landry consterné
Les résultats des sondages ont fait réagir l'ancien chef péquiste Bernard Landry. Sur les ondes du Réseau de l'information, l'ancien premier ministre s'est dit « triste et consterné » par les données présentées dans ces enquêtes d'opinion, surtout que « nous avons le gouvernement le plus inefficace de l'histoire contemporaine du Québec ».
Bernard Landry
Selon M. Landry, il s'agit d'un signal clair que le parti souverainiste doit faire un examen de conscience et rétablir ses priorités. « Le Parti québécois est un parti progressiste qui a profondément modifié le cours de l'histoire moderne du Québec et il doit prouver qu'il peut encore changer les choses. »
Pour en arriver là, M. Landry dit que le parti devra se réajuster et faire des gestes plus convaincants que ceux des derniers mois, notamment en réactivant le discours sur la souveraineté. Il note d'ailleurs à cet effet que, selon le sondage de La Presse, 45 % des répondants sont toujours favorables à l'indépendance du Québec.
L'ancien chef péquiste a refusé d'imputer la chute du Parti québécois dans les sondages à la seule performance d'André Boisclair. M. Landry reconnaît toutefois que M. Boisclair a commis plusieurs erreurs dernièrement, entre autres en ne s'impliquant pas à fond dans le débat sur l'accommodement raisonnable. Il estime que le chef du PQ devra à l'avenir montrer plus de sincérité, d'engagement et de dévouement.
Bernard Landry a par ailleurs répété, plutôt deux fois qu'une, qu'il n'a pas l'intention de revenir à la tête du parti, et a refusé de dire s'il changerait d'avis advenant qu'un mouvement en faveur de son retour voie le jour au sein du mouvement souverainiste.
Le militant souverainiste de longue date Yves Michaud n'a pour sa part pas hésité à réclamer la tête du chef du Parti québécois. Selon l'ancien député et ami de René Lévesque, les militants du PQ devraient changer de chef dès maintenant, malgré l'imminence du déclenchement d'une campagne électorale.
« Il n'est jamais trop tard pour bien faire dans l'intérêt du parti et du peuple québécois », a tranché M. Michaud lors d'un point de presse, en marge d'une commission parlementaire à laquelle il assistait. Il a d'ailleurs ajouté que si jamais M. Landry montrait de l'intérêt pour un retour en politique, il disposerait de son appui.
Rosaire Bertrand, député péquiste de Charlevoix, a quant à lui refusé de jeter tout le blâme sur son chef. « André Boisclair fait un excellent travail. Les erreurs sont humaines. Je ne dis pas qu'il n'en fait pas. C'est à lui d'évaluer avec son équipe ce qui doit être corrigé, s'il y a des choses à corriger », avance-t-il.
Satisfaction au PLQ et à l'ADQ
Même si les politiciens disent tous ne pas vouloir commenter les sondages, les réactions n'ont pas tardé au PLQ et à l'ADQ.
Jacques Dupuis
Le ministre de la Sécurité publique et vice-premier ministre, Jacques Dupuis, affirme que les résultats reflètent le bilan positif du gouvernement de Jean Charest. « Le gouvernement a un excellent bilan en matière de santé, en matière d'éducation, en matière de développement économique », dit-il. Selon lui, la perception de la population envers le gouvernement a changé et les gens sont de plus en plus satisfaits de son bilan.
Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a lui aussi accueilli favorablement les résultats des sondages. Le chef adéquiste soutient qu'ils ne font que refléter ce que lui et son équipe ressentent sur le terrain, soit un intérêt de plus en plus grand de la population envers l'ADQ.
Selon M. Dumont, l'arrivée de Gilles Taillon comme président du parti, les positions claires prises sur l'accommodement raisonnable et la sortie du programme avant les fêtes ont permis de donner un nouvel élan au parti.
Mario Dumont soutient que ces éléments, mêlés aux « ratés » des libéraux et du PQ expliquent la remontée de son parti dans les sondages.
Selon M. Dumont, André Boisclair a eu toutes les chances, depuis novembre 2005, quand il est devenu chef du PQ, d'incarner une solution de rechange à Jean Charest, mais il n'a pas su les saisir. « Son tour est passé », conclut le leader adéquiste.