Royal appuie la souveraineté du Québec

Luc Chartrand présente les propos de Mme Royal et les réactions.

En campagne électorale pour les élections présidentielles en France, la candidate socialiste Ségolène Royal s'est dite favorable à la souveraineté du Québec. Elle en a fait part à André Boisclair, le chef du Parti québécois (PQ), qui effectue une visite de cinq jours dans l'Hexagone.

La candidate socialiste pour la présidence en France s'est dite favorable à l'indépendance du Québec, lors d'une rencontre avec le chef péquiste André Boisclair, qui effectue une visite à Paris. Ottawa a aussitôt condamné cette prise de position.

Mme Royal a déclaré que sa position « reflétait des valeurs communes, soit la liberté et la souveraineté du Québec ». Elle a ajouté que « le rayonnement du Québec et la place qu'il occupe dans le coeur des Français vont également dans ce sens ».

Visiblement content de cet appui, André Boisclair a indiqué que « les Français ont compris notre message » et a ajouté qu'il est persuadé que « la France restera aux côtés du Québec quels que soient les choix qui seront faits par les Québécois ».

La réplique fédéraliste

Réagissant à cette annonce, le premier ministre Jean Charest, qui affirme ne pas avoir pris encore connaissance des propos de Mme Royal, a déclaré tout de même que l'avenir du Québec se fera au Québec et que ce sont les Québécois qui en décideront.

Ces déclarations n'ont pas tardé à faire sourciller à Ottawa. « L'expérience enseigne qu'il est tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d'un autre pays », a dénoncé le premier ministre Stephen Harper, par voie de communiqué.

De son côté, le sénateur et ministre non élu, Michael Fortier, s'est dit surpris d'entendre de tels propos, et a dit regretter la sortie de Mme Royal. Il a ajouté que les Québécois et les Canadiens savent que ce genre de question ne se réglera pas dans le huitième arrondissement, mais au Canada.

Stéphane Dion Stéphane Dion a critiqué les propos de Mme Royal.

Le chef libéral Stéphane Dion, qui se trouvait à Québec, a lui aussi dénoncé vivement les propos de Mme Royal.

« Ça nuit à sa crédibilité, elle ne comprend pas, je pense. On ne s'ingère pas dans les affaires d'un pays ami, on ne souhaite pas le démantèlement d'un pays ami. Le Canada ne souhaite pas le démantèlement de la France; la France certainement ne souhaite pas le démantèlement du Canada », a dit M. Dion.

D'autres entretiens pour Boisclair

La candidate socialiste est ainsi la première à se prononcer clairement sur cette question. André Boisclair doit rencontrer le candidat de droite, Nicolas Sarkozy, que les sondages placent au coude à coude avec sa rivale de gauche.

Le chef péquiste a également rencontré lundi le premier ministre français Dominique de Villepin. Une autre rencontre est prévue avec et le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy.

D'autres rencontres avec le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande et le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, figurent au menu de la visite.

Par ailleurs, le chef du PQ participera lundi à une conférence à l'Institut de sciences politiques de Paris ayant pour titre: « Quel est l'avenir du Québec? ».

Lors de ce séjour parisien, M. Boisclair est accompagné de Marie Malavoy, députée de Taillon et porte-parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales, de francophonie et de diversité culturelle.