Dénonciations et enthousiasme

Stéphane Dion Le chef libéral Stéphane Dion

« Le problème, c'est le premier ministre. » C'est ainsi que le nouveau chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion, a résumé son appréciation du remaniement ministériel opéré par Stephen Harper.

Adversaires politiques et écologistes décrivent l'exercice comme une opération cosmétique, alors que Québec y voit un souffle nouveau en matière d'environnement et de relations fédérales-provinciales.

« C'est lui qui porte la responsabilité de ce qui s'est fait et c'est lui qui porte la responsabilité de ce qui devra se faire », a-t-il ajouté.

M. Dion a aussi critiqué le fait que certains ministres aient gardé leurs fonctions, notamment Michael Fortier (Travaux publics), toujours non élu, l'ancien lobbyiste Gordon O'Connor (Défense) et les ministres Bev Oda (Patrimoine) et Tony Clement (Santé), qui ont d'après lui réalisé de piètres performances.

Il estime que le brassage des portefeuilles ne change rien aux orientations générales du gouvernement, donnant en exemple les dossiers de la Commission canadienne du blé, du registre des armes à feu et surtout de l'Environnement, un dossier au centre du remaniement.

John Baird John Baird, nouveau ministre de l'Environnement

Le chef libéral a souligné le bilan gênant, selon lui, du gouvernement conservateur en matière d'environnement, martelant que cela n'était « pas [survenu] à cause de la ministre, mais à cause du premier ministre ».

« Ce premier ministre est venu avec une idéologie selon laquelle l'environnement est une chose dont on ne doit pas trop se préoccuper, parce que cela nuit à l'économie », a affirmé M. Dion.

Donnant au moins rhétoriquement sa chance au coureur, il a dit espérer que le gouvernement et son nouveau ministre de l'Environnement feront mieux dans ce domaine.

« Changements cosmétiques »

Michel Guimond Le bloquiste Michel Guimond

Le Bloc québécois, par la voix du député Michel Guimond, a fait une analyse semblable du remaniement.

« Il s'agit uniquement de changements cosmétiques, les valeurs de ce gouvernement de Stephen Harper ne changent pas, a-t-il déclaré. Même si on change les titulaires, si l'orientation donnée par Stephen Harper à ce gouvernement demeure la même, les résultats seront les mêmes. »

Le directeur de l'organisme écologiste Greenpeace au Québec, Steven Guilbeault, a dit craindre lui aussi que le remaniement et l'attribution de l'Environnement à John Baird ne soient rien d'autre que des changements d'ordre cosmétique.

Steven Guilbeault Steven Guilbeault, porte-parole de Greenpeace

Mettant en doute la profondeur des convictions environnementales de Stephen Harper, il a estimé que le bilan environnemental du gouvernement, qu'il juge catastrophique, tenait à « un problème d'idéologie ».

Cela, selon lui, « ne changera pas à moins qu'il y ait un changement en profondeur de l'ensemble du gouvernement, jusqu'au plus haut niveau, c'est à dire au niveau de M. Harper lui-même. »

M. Guilbeault a aussi voulu souligner que Mme Ambrose n'avait pas été punie pour ses « très mauvaises performances » à l'Environnement, mais qu'elle avait au contraire été récompensée « pour services rendus » en héritant des Affaires intergouvernementales et de la présidence du Conseil privé.

Québec se réjouit

Benoît Pelletier Benoît Pelletier

À Québec, l'attitude est tout autre. Pour sa part, en effet, le ministre québécois des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, a perçu dans le remaniement du Cabinet fédéral une volonté d'insuffler un certain changement en matière d'environnement.

« Nous allons voir s'il y aura un changement idéologique [...], mais à tout le moins, il y a certainement de la part du premier ministre du Canada le souhait de donner une nouvelle impulsion au dossier et d'envoyer un nouveau message dans ce dossier », a-t-il déclaré.

Rona Ambrose Rona Ambrose

M. Pelletier y voit aussi un nouveau message en matière de relations fédérales-provinciales, dossier dont Rona Ambrose a hérité. Le ministre québécois dit déjà connaître sa nouvelle homologue, avec qui il s'est entretenu avant 2006, quand elle était responsable des Affaires intergouvernementales au sein de l'opposition.

« Elle avait démontré à l'époque énormément d'ouverture à l'égard du Québec, beaucoup de sensibilité par rapport aux besoins particuliers du Québec », a affirmé M. Pelletier, ajoutant qu'il se réjouissait de sa nomination.