Claudette Carbonneau
Comme le veut la tradition, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), dresse le bilan de l'année qui s'achève. La présidente de la centrale syndicale, Claudette Carbonneau, ne s'est pas montrée tendre à l'endroit des gouvernements du Canada et du Québec, leur refusant même la note de passage.
La présidente Claudette Carbonneau refuse la note de passage à Stephen Harper et à Jean Charest. Pour elle, le premier a échoué dans le dossier de Kyoto et le second s'est montré le champion des lois controversées adoptées sous le bâillon.
Sur la scène fédérale, Mme Carbonneau montre du doigt l'échec annoncé du protocole de Kyoto et les compressions de 47 millions de dollars imposées dans différents secteurs, malgré un surplus de 13 milliards de dollars.
La CSN s'attend à ce que le gouvernement conservateur tienne sa promesse de régler le déséquilibre fiscal avec les provinces, en 2007. Elle prévient que son organisation restera vigilante à ce sujet, de même qu'en ce qui concerne le projet de loi antibriseurs de grève et le dossier des changements climatiques.
Par ailleurs, le syndicat a l'intention d'en appeler du jugement de la Cour d'appel du Québec, qui a rejeté la contestation de l'utilisation des cotisations d'assurance-emploi à d'autres fins. La CSN parle d'un détournement de 50 milliards de dollars à d'autres fins que le versement de prestations aux chômeurs.
Charest écorché
Au Québec, plusieurs dossiers retiennent l'attention de la CSN, mais c'est surtout le récent conflit avec les médecins spécialistes qui a ravivé la rancoeur des syndiqués.
La chef syndicale réclame le retrait de la loi 142, qui fixe les conditions de travail de 500 000 employés du secteur public jusqu'au 31 mars 2010. Selon Mme Carbonneau, les employés de l'État doivent reconquérir leur droit de négocier. Elle exige également que Québec traite tous ses employés sur un pied d'égalité.
De plus, le gouvernement Charest est accusé d'utiliser le bâillon et d'imposer des lois spéciales à tort et à travers. Elle condamne aussi son intention de recourir aux partenariats public-privé (PPP) pour la construction du CHUM.
Claudette Carbonneau a également critiqué l'Action démocratique du Québec (ADQ) de Mario Dumont, affirmant que les Québécois ne veulent pas de ses politiques néolibérales.
Dans le secteur privé, la présidente de la CSN se réjouit de la diminution du nombre de conflits de travail en 2006, mais déplore la disparition de milliers d'emplois dans les industries forestière, manufacturière et porcine.
La CSN constate que 2006 a été une année relativement calme pour elle en matière de conflits de travail, avec une moyenne de 200 grévistes, par rapport à 600 grévistes en 2005.