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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Politique

Mise à jour le samedi 9 décembre 2006 à 8 h 21
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Trafic d'êtres humains

Des actions demandées... et obtenues

Trafic d'êtres humains

(archives)

La députée conservatrice de Kildonan-St.Paul, au Manitoba, Joy Smith, a déposé vendredi, à la Chambre des communes, un projet de loi privé pour lutter contre le trafic d'êtres humains.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) estime qu'il y a chaque année au Canada entre 800 et 1200 victimes de ce trafic, des femmes dans la plupart des cas. Des organisations non gouvernementales parlent plutôt de plusieurs milliers de victimes.

Mme Smith, une ancienne enseignante, dit s'intéresser à ce problème depuis qu'elle a appris qu'une de ses anciennes élèves était devenue une esclave sexuelle. Elle a reçu l'appui de la ministre de la Condition féminine, Bev Oda.

La députée estime que la mise en oeuvre du projet de loi proposé par le précédent gouvernement libéral est trop lente, et qu'il faut agir dès maintenant. Un groupe de travail créé par les libéraux devait mettre en place une stratégie pour faire face au problème.

Le fil de Joy Smith, un policier, lui a décrit les méthodes employées par les criminels pour attirer des esclaves. « Les criminels se font d'abord amicaux et leur racontent qu'elles auront de bons emplois et auront accès aux écoles au Canada et aux États-Unis, a-t-elle expliqué, vendredi. Elles sont escortées jusqu'en territoire canadien et ces criminels leur enseignent quoi dire et quoi faire pour ne pas être arrêtées par les autorités. Une fois les frontières franchies, ils saisissent leurs documents, les battent, les menacent, les violent et elles sont ensuite introduites dans le circuit de l'esclavage sexuel. »

Malgré l'ampleur du problème, il est rare que des accusations soient portées.

Opération à Vancouver

Descente dans un salon de massage (archives)

Comme pour donner raison à la députée, la GRC a effectué dans la nuit de jeudi à vendredi des perquisitions dans plusieurs salons de massage de la région de Vancouver soupçonnés d'être liés au crime organisé et au trafic d'êtres humains.

Les établissements sont situés à Vancouver, Richmond, Surrey, Burnaby et Coquitlam.

L'opération, menée conjointement avec des policiers de Vancouver, a permis d'arrêter 108 personnes, dont 26 clients. Aucune accusation n'a encore été portée.

Cinquante-deux des 78 femmes qui se trouvaient dans les établissements au moment des descentes ont accepté de recevoir de l'aide d'un programme provincial pour les victimes.

Mary Pichette, une travailleuse sociale qui gère un refuge pour les prostituées à Surrey, a qualifié l'opération policière de sans précédent au Canada. Mme Pichette a précisé que les policiers ont fait appel aux bénévoles d'organismes à but non lucratif pour s'occuper de ces femmes, en majorité des Asiatiques. La plus jeune d'entre elles a 21 ans.


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