Entrée en scène de Stéphane Dion

Stéphane Dion Stéphane Dion

C'est une première journée dans une nouvelle chaise, lundi, pour le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Stéphane Dion.

Le nouveau chef du PLC préside son premier caucus libéral et prend le siège de chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes. Son premier défi est de rassembler le parti.

Il prend la relève de Bill Graham à la Chambre des communes.

Un menu chargé l'attend. Il préside en avant-midi la réunion du caucus des 101 députés. Les membres du caucus doivent entre autres discuter de la position à adopter sur l'enjeu du mariage gai, qui sera remis sous peu à l'ordre du jour des Communes par le gouvernement conservateur.

Le premier ministre Stephen Harper avait promis un vote libre de ses députés pour décider s'ils rouvraient le débat sur la question, lors de la dernière campagne électorale. Les libéraux auront à décider s'ils font de même, ou s'ils imposeront une ligne de parti.

Dans son premier discours à ses députés, M. Dion a répété que ses priorités seraient la justice sociale, l'économie et le développement durable. Il s'est présenté comme le promoteur de la « réconciliation entre l'humanité et la planète ».

Sur un ton résolument électoral, il a attaqué Stephen Harper sur sa politique étrangère jugée trop semblable à celle des États-Unis, et sur sa politique environnementale « à courte vue », a-t-il dit.

En après-midi, Stéphane Dion posera sa première question à titre de chef de l'opposition officielle.

Le défi de rassembler

Dimanche, M. Dion a rencontré les sept candidats défaits lors de la dernière fin de semaine de la course à la direction du Parti libéral. Ils ont tous indiqué qu'ils travailleraient aux côtés du nouveau chef.

Les analystes estiment que Martha Hall Findlay, qui a lancé le mouvement de ralliement à Stéphane Dion, samedi, et Gerard Kennedy, dont l'appui a été déterminant, pourraient être récompensés pour leur aide.

M. Dion tentera surtout d'être rassembleur, puisque la plupart des députés et sénateurs libéraux ont appuyé d'autres candidats à la direction du parti. Seule la députée de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine, Marlene Jennings, lui a donné son appui dès le départ.

La division entre les machines des anciens chefs Jean Chrétien et Paul Martin est toujours présente. Et le nouveau chef aura à convaincre toute l'équipe d'organisateurs du parti de travailler pour remporter la prochaine élection générale.

Quant à son image controversée au Québec, en raison de ses prises de position fédéralistes et sa rigidité, Stéphane Dion a dit avoir bon espoir d'aller chercher l'appui d'un grand nombre de Québécois. Le père de la Loi sur la clarté référendaire dit qu'il insistera sur les avantages pour le Québec de rester au sein de la fédération.

Il refuse toujours de reconnaître le déséquilibre fiscal, parce qu'il n'a jamais été défini clairement, selon lui, et veut plutôt miser sur le respect du système de péréquation.

Stéphane Dion et Stephen Harper ont le même défi en vue des prochaines élections générales: éviter une division du vote au Québec qui serait profitable au Bloc québécois.

Bien accueilli

Contrairement à ce qu'estimaient de nombreux observateurs de la scène politique québécoise, l'élection de Stéphane Dion semble avoir été relativement bien reçue par une majorité de Québécois.

En effet, selon un sondage Strategic Council réalisé dimanche pour le compte du réseau CTV et du quotidien The Globe and Mail, le nouveau chef libéral recueillerait la sympathie de plus de 60 % des Québécois. Un peu moins de 30 % désapprouvent le choix surprenant des délégués libéraux.

Au Canada, c'est quelque 55 % des électeurs qui se disent favorables à l'élection de Stéphane Dion, une performance qui permet d'ailleurs aux libéraux de dépasser les conservateurs de Stephen Harper dans les intentions de vote.

Si une élection avait eu lieu dimanche, selon ce sondage, les libéraux de Stéphane Dion auraient récolté 37 % des voix, contre 31 % pour les conservateurs.

Le sondage a été mené auprès de 1000 Canadiens et sa marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20. L'échantillonnage au Québec a été de 247 personnes; sa marge d'erreur est de 6,3 %, 19 fois sur 20.

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