Stéphane Dion a convié les sept candidats défaits à un dîner.
Au lendemain de élection à la tête du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion tente de refaire l'unité du parti.
Au lendemain de l'élection de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada, les anciens candidats Bob Rae et Michael Ignatieff assurent qu'ils feront partie de l'équipe libérale aux prochaines élections.
Le nouveau chef libéral a convoqué les sept candidats défaits dans un hôtel du Vieux-Montréal, dimanche midi, pour faire le bilan de la course à la direction et établir la stratégie du parti pour les jours à venir.
Ses deux principaux anciens rivaux, Michael Ignatieff et Bob Rae, ont assuré qu'ils se présenteraient aux prochaines élections aux côtés de leur nouveau chef. « Pendant la course, j'ai dit c'était le plan et ça reste le plan », a déclaré Bob Rae, encore secoué par sa défaite inattendue au troisième tour de scrutin.
« Je reste », a assuré de son côté Michael Ignatieff. « C'est à Stéphane de décider ce qu'il veut faire et je travaillerai avec lui. La principale tâche, ici, c'est de faire face à Stephen Harper », a-t-il ajouté.
Stéphane Dion ne leur a pas encore confié de mandat spécifique. « Les rôles précis de chacun seront déterminés au cours des prochaines semaines, mais il n'y aura aucune difficulté pour moi à utiliser au maximum M. Rae, M. Ignatieff et les autres », a déclaré le nouveau chef au terme de la rencontre.
Quant à l'ex-ministre ontarien Gerard Kennedy, grâce à l'appui duquel M. Dion a pu accéder au quatrième tour de scrutin, on s'attend à ce qu'il devienne un proche collaborateur du nouveau chef libéral. Les deux hommes partagent des points de vue semblables en ce qui a trait à l'environnement et à la place du Québec au sein du Canada.
« Il y a beaucoup de travail à faire, a expliqué Gerard Kennedy, dimanche. La course vient tout juste de se terminer, les gens pansent encore leurs plaies. Ce que nous voulons accomplir sort de l'ordinaire: faire travailler les gens très rapidement afin de pouvoir prendre part à une campagne électorale très rapidement. »
Lundi matin, Stéphane Dion participera à sa première réunion du caucus libéral en tant que chef. En après-midi, il posera ses premières questions au premier ministre Stephen Harper à titre chef de l'opposition officielle aux Communes.
Rassembler les troupes au Québec
Stéphane Dion au lendemain de sa victoire
Pour Stéphane Dion, le défi risque d'être plus grand au Québec. Durant la course à la direction, le nouveau chef ne comptait sur le soutien de presque aucune personnalité libérale en vue dans la province.
À l'inverse, Michael Ignatieff était celui qui profitait du plus grand nombre d'appuis au sein de l'aile québécoise du parti, notamment en raison de sa position sur la nation québécoise. Il semble d'ailleurs que le député montréalais Denis Coderre, un des organisateurs en chef de la campagne de M. Ignatieff, soit maintenant en train de réfléchir à son avenir.
« Il est évident qu'en ce qui concerne la question de la nation, qui demeure importante au Québec [...] les gens ont une certaine perception, et nous devrons nous attaquer à cette perception », a affirmé l'ancienne députée libérale Françoise Boivin.
Pablo Rodriguez, président de la campagne de Michael Ignatief au Québec, a décidé de se rallier. « On doit s'unir derrière notre chef et c'est ce que j'ai l'intention de faire », a-t-il déclaré.
Pas étonnant, dans ces circonstances, que la question centrale posée à Stéphane Dion par les journalistes québécois, lors de son premier point de presse en tant que chef, dimanche, ait été: « Comment espérez-vous obtenir des sièges en tant que chef alors que vous êtes si peu aimé? »